mardi 23 février 2010

INTRODUCTION

La femme apparaissant sur la photo ci-dessus a dépassé l'âge de soixante-dix ans. Vous êtes-vous jamais demandés quel regard une personne de son âge pouvait porter sur son propre vécu?
Si elle devait faire une seule remarque sur l'ensemble de son passé, ce serait certainement que sa vie lui semble avoir été très "fugace".
Elle ne pourra que constater que sa vie n'a pas duré aussi longtemps que ce que ses rêves d'adolescente lui faisaient entrevoir, et très probablement il ne lui est pas une seule fois venu à l'esprit qu'un jour elle atteindrait son âge actuel. Cependant, elle se trouve désormais abasourdie en réalisant qu'elle a soixante-dix ans derrière elle. Dans ses jeunes années, elle n'a sans doute jamais pensé que ses désirs d'alors s'en iraient aussi vite.
Si on lui demandait de raconter ce qu'elle a vécu, cela ne lui prendrait probablement pas plus de quelques heures pour énumérer ses souvenirs. Et c'est tout ce qui subsisterait de ce qu'elle appellerait "une longue vie de soixante-dix ans".
L'esprit d'un être humain, usé avec l'âge, est préoccupé par maintes choses; en effet des questions importantes se posent, et seules des réponses authentiques permettent de comprendre tous les aspects de la vie: "A quoi sert cette vie qui passe si rapidement? Pourquoi dois-je rester serein face aux problèmes qui m'affectent et qui sont liés à l'âge? Que pourra m'apporter l'avenir?"
Les réponses possibles à ces questions peuvent être regroupées en deux grandes catégories: celles fournies par les gens qui s'en remettent à Dieu Tout-Puissant, et celles fournies par les incroyants qui se détournent de Lui.
Quelqu'un qui ne croit pas en Dieu dira: "J'ai couru toute ma vie durant, à la poursuite de vains objectifs. J'ai désormais soixante-dix années derrière moi mais, à vrai dire, je ne parviens toujours pas à comprendre dans quel but j'ai vécu. Lorsque j'étais enfant, mes parents constituaient le centre de mon existence. Leur amour pour moi me remplissait de bonheur et de joie. Plus tard, en tant que jeune femme, je me suis consacrée à mon mari et à mes enfants, en me fixant alors de nombreux objectifs. Toutefois dès que l'un d'eux était réalisé, il s'avérait qu'il ne s'agissait que d'un désir évanescent. Après un succès je me fixais de nouveaux buts, et le temps a ainsi passé sans que je ne me sois jamais préoccupée du vrai sens de cette vie-ci. Maintenant à soixante-dix ans, dans la tranquillité de l'âge, je m'efforce de découvrir quel a bien pu être le sens de tout ce passé; ai-je donc vécu pour des gens dont je n'ai aujourd'hui que de vagues souvenirs? Pour mes parents? Pour mon mari que j'ai perdu il y a plusieurs années? Ou pour mes enfants, que je ne vois plus que rarement, occupés qu'ils sont avec leur propre famille? Je ressens une grande confusion en réfléchissant à tout cela. La seule chose de sûr, c'est que je suis à ce jour proche de la mort. Bientôt je vais disparaître pour n'être plus ensuite qu'un faible souvenir dans l'esprit de mes proches. Que va-t-il se passer ensuite? Vraiment je n'en ai aucune idée. Rien que le fait d'y penser m'effraye."
Il y a sûrement une raison pour laquelle cette personne s'enfonce dans un tel désespoir. Cela provient simplement du fait qu'elle n'a pas compris que l'Univers et tous les êtres vivants, en particulier les êtres humains, remplissent des rôles bien spécifiques dans cette vie, et ce du fait qu'ils ont été créés. Quelqu'un d'intelligent ne pourra que remarquer que chaque aspect de l'Univers qui nous entoure ne fait que refléter une conception précise et une sagesse certaine. Ceci doit logiquement amener celui qui médite à reconnaître le Créateur, avant de conclure que toutes les créatures servent nécessairement des objectifs bien définis puisqu'elles ne sont en rien le fruit du hasard. Dans le Coran, qui est l'ultime guide révélé et préservé pour guider l'humanité, Dieu nous rappelle maintes fois quel est le but de notre vie, que nous avons tendance à oublier, et Il nous exhorte ainsi à opérer un sursaut dans notre conscience:

Et c'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours, alors que Son Trône était sur l'eau, afin d'éprouver lequel de vous agirait le mieux… (Surat Hud: 7)

Ce verset explicite la compréhension du sens de la vie pour les croyants. Ces derniers savent que cette vie n'est qu'une mise à l'épreuve permanente de la part de leur Créateur. Par conséquent, ils espèrent réussir ces tests et mériter le Paradis et la satisfaction de Dieu.
Cependant, par souci de clarification, il y a un point important à considérer: ceux qui croient en l'existence de Dieu n'ont pas une foi authentique s'ils ne placent pas leur confiance en Dieu. De nos jours, beaucoup de gens acceptent le fait que l'Univers est la création de Dieu, pourtant, ils ne saisissent pas l'impact que cette reconnaissance représente sur leur vie. Par conséquent, ils ne conduisent pas leur vie comme ils devraient le faire. Ce que la plupart de ces gens-là considèrent généralement comme étant la vérité, c'est que Dieu a initialement créé l'Univers mais qu'ensuite Il l'a laissé évoluer par lui-même.
Dieu, dans le Coran, évoque cette erreur de compréhension:

Si tu leur demandes: "Qui a créé les cieux et la terre?", ils diront certes: "Allah!" Dis: "Louange à Allah!" Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. (Surat Luqman: 25)

Et si tu leur demandes qui les a créés, ils diront très certainement: "Allah". Comment se fait-il donc qu'ils se détournent? (Surat az-Zukhruf: 87)

A cause de cette bévue, nombreux sont ceux qui ne témoignent pas dans leur vie quotidienne qu'ils ont un Créateur. C'est à cause de cela que chaque individu prétend pouvoir développer ses propres principes et valeurs morales, forgés au sein d'une culture, d'une communauté et d'une famille particulières. Le respect de ces principes sert ensuite de ligne de conduite jusqu'à ce que vienne la mort. Les gens qui adhèrent à des valeurs personnelles vivent dans un confort intellectuel consistant à croire que toute mauvaise action ne sera punie que temporairement en Enfer. Par le même raisonnement, il s'ensuit la croyance selon laquelle une vie éternelle au Paradis ne pourra que succéder à cette période de tourments. Une telle mentalité libère involontairement de la crainte d'un châtiment sérieux à l'issue de cette vie-ci. Par ailleurs, certains n'envisagent même pas l'existence d'un Au-delà et, dans leur inconscience, ils essaient de "tirer le maximum de cette vie".
La façon de penser qui vient d'être exposée correspond à une profonde erreur, et ceux qui prétendent ne pas être conscients de l'existence de Dieu tomberont dans un grand désespoir. Le Coran caractérise ainsi ces gens:

Ils connaissent un aspect de la vie présente, tandis qu'ils sont inattentifs à l'Au-delà. (Surat ar-Rum: 7)


En fait ils ne parviennent même pas à réaliser que la vie en ce monde-ci n'est pas perpétuelle.
Certaines paroles reviennent pourtant sans arrêt dans les conversations, concernant la courte durée de l'existence: "Profitez au mieux de votre vie tant que vous en avez la possibilité", "La vie est si courte", "On ne vit pas éternellement"; ces paroles traduisent le caractère fuyant de cette existence, mais elles dénotent un attachement profond à l'égard de ce monde plutôt qu'une préoccupation relative à la vie future. Elles reflètent l'attitude quasi-générale vis-à-vis de la vie et de la mort. Face à un tel attachement à la première vie, les discussions sur la mort se trouvent vite interrompues par des plaisanteries ou par des interventions du style: "Et si nous parlions d'autre chose?!", afin d'atténuer l'importance du sujet et de le rendre plutôt insignifiant.
Notre caractère mortel constitue pourtant un sujet lourd, auquel la plupart des gens ne pensent qu'au dernier moment, quand ils se trouvent "au pied du mur". Ils sont alors amenés à reconsidérer leur vie et leurs espoirs, s'ils comprennent enfin l'ampleur de la question. Tant qu'on n'est pas mourant, il n'est jamais trop tard pour se repentir à Dieu et réorienter tous ses actes et la conduite de sa vie en soumission à la volonté de Dieu. Cette vie est passagère, tandis que l'âme humaine est éternelle. Durant ce petit laps de temps, il ne faudrait pas permettre aux passions de nous dominer. L'être humain doit s'efforcer de résister aux tentations et à tout ce qui risque de l'attacher excessivement à cette terre. Il est sûrement déraisonnable de sacrifier le monde à venir sur l'autel des désirs insatiables d'ici-bas.
Rien dans ce monde n'est appelé à durer. Le temps travaille en effet contre tout ce qui est beau et neuf; ainsi, les nouveaux modèles de voitures sont-ils à peine sortis que bientôt ils se trouvent démodés et remplacés par d'autres, dans un cycle implacable. De façon semblable, les belles demeures ne tardent pas à prendre du vieux au profit de maisons mieux équipées et plus spacieuses. Le désir du neuf et du beau se trouve donc sans cesse exacerbé.
Tout au long de l'histoire les gens n'ont jamais cessé de se trouver pris au piège de cette soif du neuf et de la dépréciation de l'ancien, combinées à la folle illusion de voir le neuf demeurer tel quel encore et encore. Cependant, quelqu'un d'intelligent s'arrêtera dans cette course et se posera la question suivante: pourquoi poursuivre des objectifs si éphémères sans jamais parvenir à en tirer un réel bénéfice? Finalement il en arrivera à la conclusion que voici: "Cette manière de voir est vraiment stupéfiante." Et pourtant, certains gens sont incapables de produire un tel raisonnement, continuant de chercher à concrétiser des rêves fumeux.
Personne, en vérité, ne peut savoir ce qui va se produire dans quelques heures; à tout moment un accident peut survenir, occasionnant des blessures sévères et même un handicap. De plus le temps passe à la façon d'un compte à rebours nous rapprochant de notre mort. Chaque jour qui s'achève nous amène un peu plus vers notre terme fixé. La mort éradique sûrement toute ambition, tout caprice, tout désir concernant ce monde-ci. Dans la tombe, ni les biens ni le statut social ne sont d'aucune utilité. Toute possession dont nous nous montrions avares s'évanouit brutalement et se trouve dispersée entre d'autres mains. Et un simple linceul recouvre le riche comme le pauvre, le beau comme le laid.
Nous pensons que Le vrai visage de ce monde offre une explication concernant la véritable nature de la vie humaine. Cette vie nous semble fascinante et pleine de promesses, mais il en est en fait tout autrement. Ce livre vous permettra de percevoir tous les aspects de votre existence, et il vous aidera à redéfinir vos objectifs, si du moins vous le souhaitez.

Dieu commande aux croyants d'avertir les autres sur tout ceci, et Il les exhorte seulement à se conformer à Sa volonté, ainsi qu'Il le rappelle dans le verset suivant:

… La promesse d'Allah est véridique. Que la vie présente ne vous trompe donc pas… (Surat Luqman: 33)


LA VIE D’ICI-BAS


Notre Univers est parfaitement ordonné. D'innombrables milliards d'étoiles et de galaxies évoluent chacune dans leur orbite et cependant l'harmonie globale est complète. Des galaxies comprenant presque 300 milliards d'étoiles s'interpénètrent et, au grand étonnement de tous, aucune collision ne se produit lors de ces transitions titanesques. Un ordre aussi stupéfiant ne peut être attribué à de simples coïncidences. Et qui plus est, la vitesse des objets célestes dans leur course orbitale dépasse les limites de l'entendement. Par ailleurs, les dimensions physiques de l'espace sont énormes comparées aux mesures courantes sur la Terre. Les étoiles et les planètes, chacune pesant des milliards de tonnes voire des tératonnes, se déplacent donc au sein de galaxies dont la taille n'est définissable qu'à l'aide de formules mathématiques, avec une célérité inimaginable.
Par exemple, un point situé sur la surface de la Terre se déplace à une vitesse moyenne d'environ 1.670 km/h, à cause de la rotation de la Terre autour de son axe. La vitesse linéaire moyenne de la Terre sur son orbite autour du Soleil est de 108.000 km/h. Ces chiffres ne concernent que notre Terre et, si nous nous tournons vers ce qui se passe à l'extérieur du système solaire, les valeurs numériques prennent vite une ampleur vertigineuse; ainsi le système solaire effectue-t-il une révolution autour du centre de la galaxie à une vitesse de 720.000 jm/h. Notre galaxie, caractérisée par une traînée blanchâtre surnommée la Voie Lactée, et qui comprend 200 milliards d'étoiles, se déplace elle-même à environ 950.000 km/h. Ce mouvement continuel est proprement inconcevable. La Terre, conjointement à l'ensemble du système solaire, se déplace chaque année d'environ 500 millions de kilomètres.
Toute cette dynamique des objets célestes s'effectue selon un équilibre inouï, et ceci révèle que la vie sur Terre repose sur un juste milieu entre de multiples facteurs. Par exemple, des variations même millimétriques dans l'orbite de notre planète aurait des conséquences désastreuses sur notre vie, rendant même celle-ci impossible. Le fait que nous menions une existence ordinaire sur Terre, comme si cela allait de soi, nous rend totalement inconscients des dangers existant dans l'Univers considéré dans son ensemble, où des accidents gigantesques peuvent survenir à tout moment. Nous sommes convaincus que notre environnement céleste est parfaitement stable et sûr.
Les gens ne réfléchissent en général jamais à ces questions. C'est pourquoi ils n'imaginent pas un seul instant qu'un nombre incroyable de conditions interdépendantes rend possible la vie sur Terre, et ils ne comprennent pas davantage que le sens de leur vie peut être si important. Et ils vivent sans jamais se demander comment le vaste équilibre au sein duquel ils se trouvent a pu voir le jour.
Néanmoins, l'homme est doté de la capacité de raisonner. Mais si on n'observe pas son environnement consciencieusement et sagement, on ne pourra jamais discerner la réalité ni avoir la moindre idée du pourquoi de l'existence du monde et de l'identité de Celui qui en est l'Existenciateur.
En fait, celui qui médite sur ces questions et saisit leur importance se trouve confronté à une découverte incontournable: l'Univers dans lequel nous vivons possède nécessairement un Créateur, dont l'existence et les attributs sont révélés dans tout ce qui existe. La Terre, qui n'est qu'un point infiniment petit au sein de l'espace sidéral incommensurablement grand, a ainsi été créé en vue de servir un objectif précis. Tout se produit avec raison dans le cours de notre existence. Nous pouvons voir la puissance et la sagesse de Dieu partout dans l'Univers.
Le sens de l'existence de l'homme sur terre est exposé par Dieu dans le Coran:

C'est Lui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de savoir qui de vous œuvre le mieux, et c'est Lui le Tout-Puissant, le Pardonneur. (Surat al-Mulk: 2)

En effet Nous avons créé l'homme d'une goutte de sperme [aux composantes diverses], pour le mettre à l'épreuve; [c'est pourquoi] Nous l'avons doté de l'ouïe et de la vue. (Surat al-Insan: 2)

Dans le Coran, Dieu insiste sur le fait que rien n'a été créé sans raison:

Ce n'est pas par amusement que Nous avons créé le ciel et la terre et tout ce qui est entre eux. Si Nous avions voulu prendre une distraction, Nous l'aurions trouvée auprès de Nous, si tant est que Nous aurions voulu faire cela! (Surat al-Anbiya: 16-17)


Le secret de ce monde

Dieu dévoile la raison d'être de l'homme dans le verset suivant:

Nous avons placé ce qu'il y a sur la terre pour l'embellir, afin de les éprouver et de voir lesquels d'entre eux sont les meilleurs dans leurs actions. (Surat al-Kahf: 7)

Par cette annonce, Dieu attend de l'homme qu'il demeure Son serviteur dévoué tout au long de sa vie. En d'autres termes, ce monde est un lieu où ceux qui craignent Dieu et ceux qui sont ingrats envers Lui se distinguent les uns des autres. Le bien et le mal, le parfait et le défectueux se côtoient dans ce "décor". L'homme y connaît de multiples épreuves. Et finalement, les croyants seront séparés des incroyants et atteindront le Paradis; cette réalité est ainsi décrite dans le Coran:

Est-ce que les gens pensent qu'on les laissera dire: "Nous croyons!" sans les éprouver? Certes Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux. Allah connaît ainsi ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. (Surat al-Ankabut: 2-3)

Pour bien comprendre la nature de cette épreuve, il nous est nécessaire de connaître notre Créateur dont l'existence et les attributs transparaissent dans tout ce qui existe. C'est Lui le Créateur, le Possesseur du pouvoir, du savoir et de la sagesse infinis:

C'est Lui Allah le Créateur, Celui qui donne un commencement à toute chose, le Façonneur. A Lui appartiennent les plus beaux noms. Tout ce qui est dans les cieux et sur terre Le glorifie. Et c'est Lui le Tout-Puissant, le Sage. (Surat al-Hashr: 24)
Dieu a créé l'homme à partir de l'argile, Il l'a doté de nombreuses caractéristiques et Il a déversé sur lui de nombreuses faveurs. Personne n'acquiert de lui-même la vue, l'ouïe, la capacité de marcher ou de respirer. Et qui plus est, Dieu a placé ces systèmes complexes dans le corps de l'être humain alors que celui-ci est encore au stade fœtal dans le ventre de sa mère et qu'il ne possède donc pas encore la capacité de percevoir le monde extérieur.
Etant donné cet ensemble de caractéristiques, il est attendu que l'homme se comporte en serviteur de Dieu. Ceux qui refusent d'agir ainsi seront considérés comme des malfaisants et des ingrats envers leur Créateur, car ne voulant pas obéir à Dieu. Ils s'imaginent pouvoir disposer de beaucoup de temps sur terre et posséder individuellement la force de survivre.
C'est pourquoi leur préoccupation essentielle est de "profiter autant que posible de leur existence". Ils oublient la mort et l'Au-delà, s'étourdissant dans la recherche continuelle du mieux-être matériel. Dieu décrit leur attitude dans le verset suivant:

Ces gens-là aiment cette vie éphémère et laissent derrière eux un jour bien lourd. (Surat al-Insan: 27)

Mais en dépit de leur recherche effrénée de tous les plaisirs de cette vie, la vie passe très vite comme le verset l'indique, et c'est là le point crucial que certains gens oublient de se rappeler.
Notre Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) dit à ce propos:
Trois choses accompagnent le mort (jusqu'à sa tombe): sa famille, ses biens et ses œuvres. Deux s'en retournent et ses œuvres demeurent (avec lui). (Rapporté par Bukhârî, Muslim).
Considérons un exemple pour éclaircir davantage le sujet.


Quelques secondes ou quelques heures?

Pensez un instant à des vacances typiques: après des mois de dur travail, vous prenez deux semaines de vacances et vous vous rendez à votre station balnéaire préférée après un trajet routier épuisant ayant duré huit heures. Le hall de l'hôtel est noir de monde, des vacanciers comme vous. Vous apercevez même des visages familiers et vous les saluez. Le temps est splendide et vous ne voulez pas perdre un seul instant pour pouvoir profiter du soleil et de la mer calme; aussi, après avoir pris possession de votre chambre et enfilé votre tenue de bain, vous vous précipitez à la plage. Enfin, vous êtes dans l'eau claire comme le cristal quand soudain une voix vous intrigue: "Réveille-toi, tu vas être en retard au travail!"
Ces mots vous semblent insensés. Pendant l'espace d'un instant, vous ne parvenez pas à comprendre ce qui se passe; il y a en effet une discordance complète entre ce que vous voyez et ce que vous entendez. Lorsque vous ouvrez les yeux et que vous vous trouvez dans votre chambre, le fait que tout cela n'était qu'un rêve vous étonne au plus haut point. Vous ne pouvez vous empêcher d'exprimer cette stupéfaction: "J'ai roulé huit heures pour me retrouver là. Bien qu'ici il fasse froid dehors aujourd'hui, j'ai ressenti la chaleur du soleil dans mon rêve. Et j'ai eu la sensation de l'eau éclaboussant mon visage."
Le trajet de huit heures en voiture, le temps que vous avez passé dans l'hôtel avant d'obtenir votre chambre, tout cela n'était en fait qu'un rêve de quelques secondes. Bien que ce que vous ayez ressenti soit impossible à distinguer de la vie courante, il ne s'agissait pourtant que d'un simple rêve.
Ceci suggère que nous pourrions bien un jour nous réveiller par rapport à notre vie terrestre tout comme nous nous réveillons après un rêve. Les incroyants exprimeront alors le même type d'étonnement. Au cours de leur vie, ils ne peuvent s'affranchir de l'illusion leur faisant croire que leur vie sera très longue. Toutefois, lorsqu'ils seront ressuscités, ils se rendront compte que la durée de leur vie terrestre longue de soixante ou soixante-dix ans est en fait semblable à un laps de temps de quelques secondes. Dieu évoque cela dans le Coran:

Il dira: "Combien d'années êtes-vous restés sur terre?" Ils diront: "Nous y avons demeuré un jour, ou une partie d'un jour. Interroge donc ceux qui comptent. Il dira: "Vous n'y avez demeuré que peu [de temps], si vous saviez." (Surat al-Mu'minun: 112-114)

Que sa vie ait duré dix ans ou cent ans, l'homme réalisera finalement à quel point son passage sur terre a été court, et tout se passera comme dans le cas du réveil faisant suite à un rêve, évoqué plus haut, avec toute l'amertume consécutive à la disparition des images de cette vie. Et la fugacité de la vie terrestre sera alors bien lourde à assumer, au regard des négligences du passé. Dieu attire notre attention sur ce fait dans un verset du Coran:

Et le jour où l'Heure arrivera, les transgresseurs jureront qu'ils n'ont demeuré qu'une heure [sur terre]. C'est ainsi qu'ils ont été détournés (de la vérité). (Surat ar-Rum: 55)

Notre vie a nécessairement un caractère limité, et chaque jour qui s'écoule nous rapproche de notre terme prédestiné. Et tous les projets souvent longuement préparés et envisagés comme devant marquer de nouvelles étapes dans notre existence se révèlent être en définitive semblables à des désirs passagers vite disparus.
Pensez par exemple à un jeune homme récemment entré dans un lycée. Sans nul doute il va guetter avec ardeur et enthousiasme le jour où il recevra son diplôme. Mais sitôt diplômé il se retrouve dans la vie active, et ses années de scolarité s'estompent vite dans son esprit, tant il est préoccupé de mener à bien de nouveaux plans. Et il en est de même pour son mariage, qui lui semblera un événement dans sa vie, avant de laisser la place à ses responsabilités familiales qui sont désormais au centre de ses préoccupations. Le temps passe ainsi plus vite qu'il ne l'avait envisagé, et le voilà "déjà" devenu grand-père; il se peut qu'alors sa santé décline, devenant son principal souci, et ses années de jeunesse ne seront alors plus que de vagues souvenirs très dilués. Ses centres d'intérêt ont complètement évolué avec le temps, et d'ailleurs seules quelques images fortes de sa vie défilent devant ses yeux. Son terme approche, et le temps qui lui reste est plus que compté: quelques années, quelques mois ou même quelques jours éventuellement. Et telle est l'histoire banale de l'homme, sans exception, avec pour finir un service funéraire et ses proches pour l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure. La réalité est qu'aucun homme n'est préservé de cette fin.
Pourtant, depuis des temps anciens, Dieu a mis en garde l'homme sur la nature temporaire de ce monde et lui a décrit l'Au-delà, sa vraie et éternelle résidence. Il a évoqué, dans Sa révélation, le Paradis et l'Enfer avec force détails. Mais en dépit de cela, l'homme tend sans cesse à oublier cette vérité essentielle et s'efforce d'investir tous ses efforts dans cette vie-ci dont il ne parvient pas à réaliser le caractère éphémère. Et seuls ceux qui parviennent à envisager la vie de façon raisonnable, grâce à leur clarté d'esprit et à leur conscience, deviennent vite persuadés que cette vie ne vaut rien quand on la compare à la vie éternelle. C'est pourquoi la préoccupation essentielle de l'homme se doit d'être son admission au Paradis, lieu de repos et de félicité éternels. Et la recherche de la satisfaction de Dieu par une foi sincère est la seule voie pour l'obtenir. Cependant, ceux qui cherchent à ne pas penser à l'inévitable fin de ce monde, et qui persistent dans cette attitude, méritent sûrement le châtiment éternel.
Dieu évoque dans le Coran la terrible fin qui attend ces gens-là:

Et le jour où Il les rassemblera, ce sera comme s'ils n'étaient restés [dans leurs tombes] qu'une seule heure, et ils se reconnaîtront mutuellement. Ils seront alors perdants, ceux qui traitaient de mensonge la rencontre avec Allah et qui refusaient de recevoir la guidance authentique. (Surat Yunus: 45)

Endure donc, comme ont enduré les Messagers doués de fermeté; et ne te montre pas trop pressé de les voir subir [leur châtiment]. Le jour où ils verront ce qui leur est promis, il leur semblera qu'ils ne sont restés [sur terre]ß qu'une seule heure. Ton devoir est de proclamer le Message. Qui sera donc anéanti sinon les transgresseurs? (Surat al-Ahqaf: 35)


Une ambition effrénée

Plus haut dans le présent livre nous avons mentionné que le temps passé par un homme ordinaire en ce monde est aussi court qu'un "clin d'œil". Mais, en vérité, peu importe ce qu'un homme possède en ce monde, il ne se sentira jamais pleinement satisfait tant qu'il n'aura pas cru en Dieu et ne se sera consacré à Son adoration.
Dès l'entrée dans l'âge adulte, l'homme se montre avide de richesses, de pouvoir ou de statut social. Cependant, et à son grand étonnement, il ne dispose que de ressources limitées pour satisfaire ses désirs; de toutes les façons, il ne parvient pas à acquérir tout ce qu'il voudrait. Ni la richesse, ni la réussite ni aucune autre forme de prospérité ne satisfera ses ambitions. Il ne faut pas perdre de vue qu'indépendamment du statut social ou du rang dû à la naissance, la vie d'un homme est le plus souvent limitée à six ou sept décades seulement; et une fois ce laps de temps expiré, la mort anéantit toutes les jouissances de ce monde.
Celui qui devient la proie de désirs effrénés se trouvera sans cesse en "état d'insatisfaction", d'une manière incurable. A chaque étape de sa vie cette frustration sera présente, et seules les causes de cette insatisfaction changeront selon l'époque et les conditions. La volonté de satisfaire ces désirs peut faire sombrer la personne dans n'importe quelle pratique douteuse. Un individu ainsi malade fera tous les sacrifices pour atteindre ses objectifs, même au détriment de sa famille. Et cependant, une fois un objectif atteint, la "magie" du désir s'estompe aussitôt, et l'intérêt porté à la chose si ardemment convoitée disparaît très vite. Ce sera alors le point de départ de nouveaux désirs, qui mobiliseront une nouvelle fois toute l'énergie de la personne jusqu'à leur satisfaction.
Une telle attitude est typique d'un incroyant, et ce trait demeure jusqu'à sa mort; il ne se sent jamais content de ce qu'il possède à un instant donné. D'où la recherche continuelle de nouveaux horizons, pour nourrir son avidité et non pour obtenir la satisfaction de Dieu. De même, toute possession devient une source d'orgueil, et ces gens-là dépassent les limites fixées par Dieu.
Très certainement, Dieu ne permettra pas à quiconque se montre aussi rebelle envers Lui de connaître la paix de l'âme en ce monde, et seuls les croyants connaissent la sérénité dans cette vie:

Ceux qui ont cru et dont les cœurs se tranquillisent à l'évocation d'Allah; n'est-ce pas à l'évocation d'Allah que les cœurs se tranquillisent? (Surat ar-Ra'd: 28)


Un monde illusoire

D'innombrables exemples de la perfection de la création entourent l'homme partout dans ce monde: des paysages splendides, des millions d'espèces végétales, la couleur bleue du ciel, très reposante, les lourds nuages chargés d'une pluie féconde, ou encore le corps humain, un organisme fourmillant de systèmes complexes. Tous ces exemples à couper le souffle sont autant d'occasions pour réfléchir, ce qui conduit à une excellente compréhension des choses.
L'observation d'un papillon déployant ses ailes de texture si fine est une expérience inoubliable. Les plumes d'une tête d'oiseau, si belles et si brillantes qu'elles évoquent un velours noir de grande qualité, ou bien encore les couleurs attirantes et le parfum d'une fleur, procurent des sensations étonnantes à l'âme humaine.
Pratiquement tout le monde apprécie un joli visage. Les résidences spacieuses, les décors dorés et les voitures de luxe constituent les biens les plus chers pour certaines personnes. Et il y a encore tellement d'autres sources de désir pour l'homme en ce monde, bien que toute beauté ici-bas soit inévitablement amenée à se ternir puis à disparaître.
Ainsi, un fruit noircit peu à peu et finalement pourrit, à partir du moment où il est détaché de sa branche. De même, les fleurs ne parfument nos maisons que pour une période limitée, leur senteur ne tardant pas à s'évanouir. Et le plus joli visage se ride après quelques décennies: l'effet des années sur la peau et le grisonnement des cheveux vieillissent inexorablement tous les êtres humains; et il ne reste plus rien de la bonne santé ni des joues rouges d'un adolescent après un certain nombre d'années. Les bâtiments nécessitent tous un ravalement un certain temps après leur construction, les automobiles deviennent vite démodées et, ce qui est pire, elles finissent par être victimes de la corrosion. En bref, tout ce qui nous entoure subit les ravages du temps qui passe. Il semble y avoir un "processus naturel" pour certaines choses. Toutefois, cette réalité nous fait parvenir le message suivant: "Rien n'est à l'abri des effets du temps."
Et, surtout, tout être vivant, homme, animal ou végétal, est mortel. Le fait que la population mondiale ne diminue pas avec les siècles, à cause des naissances, ne doit pas nous faire oublier cette issue inéluctable qu'est la mort.
Pourtant, l'appel de la possession et de la richesse agit sur l'homme comme un aimant, déchaînant des passions débridées. L'homme est littéralement saisi par cette soif d'acquisition. Mais il faut bien comprendre un point précis: Dieu est le seul Propriétaire de toute chose, de la vie de chacun en particulier, et tout homme restera en vie aussi longtemps qu'Il voudra, et mourra quand Il l'aura décrété.
Notre Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) dit d'ailleurs que si l'homme possédait une vallée remplie d'or, il voudrait encore posséder une seconde. Pourtant, seule la terre emplira sa bouche et Dieu pardonne à celui qui se repent.(Rapporté par Bukhâri, Muslim)
Dieu exhorte l'homme à la réflexion dans le verset suivant:

La vie présente est comparable à une eau que Nous faisons descendre du ciel et qui se mélange à la végétation de la terre dont se nourrissent les hommes et les bêtes. Puis lorsque la terre prend sa parure et s'embellit, et que ses habitants pensent qu'elle est à leur entière disposition, Notre ordre lui vient, de nuit ou de jour: c'est alors que Nous la rendrons toute moissonnée, comme si elle n'avait pas été florissante la veille. Ainsi exposons-Nous les Signes pour des gens qui réfléchissent. (Surat Yunus: 24)

Dans ce verset, il est mis en évidence que toute chose sur cette terre qui semblait belle et désirable perdra un jour ou l'autre sa beauté. De plus, tout élément de cette terre est appelé à disparaître. C'est là une réalité méritant une profonde réflexion, puisque Dieu nous informe qu'Il cite de tels exemples à l'intention de "ceux qui réfléchissent". Ce qui est attendu de l'homme, supposé être doué d'intelligence, c'est qu'il médite et tire des leçons des événements, afin de définir finalement des objectifs rationnels pour sa vie.
L'homme est responsable devant Dieu, qui attend de lui qu'il développe une conscience religieuse au moyen d'une réflexion sur ce qui l'entoure et sur Son message. De plus, il se doit de comprendre que ce monde n'a qu'une durée de vie limitée. Ceux qui parviendront à atteindre cet état chercheront à mériter la guidance et la lumière de Dieu en accomplissant de bonnes actions.
Sinon, l'homme ne rencontrera que des souffrances dans ce monde et dans l'Au-delà. Il devient riche, mais ne connaît jamais la sérénité. La beauté et la gloire entraînent plus souvent des désagréments qu'une vie heureuse. Ainsi une "star", qui par exemple est actuellement adulée par ses "fans", risque fort d'avoir plus tard à faire face à des problèmes de santé, avant de mourir un jour seul dans une petite chambre d'hôtel, sans que personne ne s'en soucie.


Des exemples coraniques du caractère illusoire de ce monde

Dieu insiste dans le Coran sur le fait que cette terre n'est qu'un monde où tous les plaisirs sont condamnés à s'évanouir. Il nous rapporte des récits sur des sociétés disparues dont les hommes et les femmes, qui se réjouissaient de leur richesse, de leur gloire ou de leur statut social, connurent des fins catastrophiques. C'est exactement ce qui est arrivé aux deux hommes dont il est question dans la sourate al-Kahf:
Donne-leur l'exemple de deux hommes: à l'un d'eux Nous avons assigné deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers, et Nous avons mis entre les deux jardins des champs cultivés.
Les deux jardins produisaient leur récolte sans aucun manquement. Et Nous avons fait jaillir entre eux un ruisseau.
Et il avait des fruits et dit alors à son compagnon avec qui il conversait: "Je possède plus de bien que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan."
Il entre dans son jardin, en état d'injustice envers son âme; il dit: "Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr, et je ne pense pas que l'Heure viendra, et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleur lieu de retour que ce jardin."
Son compagnon lui dit, tout en conversant avec lui: "Serais-tu mécréant envers Celui qui t'a créé de terre, puis de sperme et enfin qui t'a façonné en homme? Quant à moi, c'est Allah qui est mon Seigneur; et je n'associe personne à mon Seigneur. En entrant dans ton jardin, que ne dis-tu: 'Telle est la volonté d'Allah! Il n'y a de puissance que par Allah.' Si tu me vois moins pourvu que toi en biens et en enfants, il se peut que mon Seigneur, bientôt, me donne quelque chose de meilleur que ton jardin, qu'Il envoie sur ce dernier , du ciel, quelque calamité, et que son sol devienne glissant, ou que son eau se perde en profondeur, de sorte que tu ne puisses plus la retrouver."
Et sa récolte fut détruite, et il se mit alors à se tordre les deux mains à cause de ce qu'il y avait dépensé, cependant que ses treilles étaient complètement ravagées. Et il disait: "Que je souhaite n'avoir associé personne à mon Seigneur!" Il n'eut aucun groupe de gens pour le secourir contre la punition d'Allah, et il ne pût se secourir lui-même.
Certes la souveraine protection appartient à Allah, le Vrai. Il accorde la meilleure récompense et le meilleur résultat.
Et propose-leur l'exemple de la vie d'ici-bas. Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel; la végétation de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de l'herbe desséchée que les vents dispersent. Allah est vraiment Puissant en toutes choses!

Les biens et les enfants sont l'ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance. (Surat al-Kahf: 32-46)

Toute personne qui se vante de ce qu'elle possède finira par être humiliée par Dieu, et il n'y a pas d'exception à cette règle. La richesse et le pouvoir sont deux dépôts accordés par Dieu, et qui peuvent à tout moment être repris. Le récit coranique des "propriétaires du verger" en est aussi une illustration:
Nous les avons éprouvés comme Nous avons éprouvé les propriétaires du verger qui avaient juré d'en faire la récolte au matin, sans dire: "Si Allah le veut."
Une calamité de la part de ton Seigneur tomba dessus pendant qu'ils dormaient et, le matin, ce fut comme si tout avait été rasé.
Le [lendemain] matin, ils s'appelèrent les uns les autres: "Partez tôt à votre champ si vous voulez collecter les fruits." Ils s'en allèrent donc, tout en parlant entre eux à voix basse: "Ne laissez aucun pauvre y entrer aujourd'hui."
Ils partirent de bonne heure, décidés à user d'avarice envers les pauvres, convaincus que cela était en leur pouvoir. Puis, quand ils le virent, ils dirent: "Nous sommes venus pour rien, nous sommes frustrés!" Le plus juste d'entre eux dit: "Ne vous avais-je pas dit: 'Si seulement vous rendiez grâce à Allah!'"

Ils dirent: "Gloire à notre Seigneur! Oui nous avons été injustes." Puis ils s'adressèrent les uns aux autres, se faisant des reproches. Ils dirent: "Malheur à nous! Nous avons été des rebelles. Nous souhaitons que notre Seigneur nous le remplace par quelque chose de meilleur. Nous désirons nous rapprocher de notre Seigneur." Tel fut le châtiment dans cette vie; et le châtiment de l'Au-delà est plus grand encore, si seulement ils savaient! (Surat al-Qalam: 17-33)

Le lecteur attentif de ces versets s'aperçoit immédiatement que Dieu n'a pas cité le cas d'athées dans ce récit; ceux dont il est question ici sont bien au contraire des gens qui croient en Dieu, mais dont les cœurs sont devenus durs quant à Son rappel, et qui sont ingrats envers Lui. Ils s'enorgueillissent de ce que Dieu leur a accordé comme faveurs, et ils oublient complètement que ces possessions ne sont que des ressources devant être utilisées dans Sa voie. Pourtant, ils reconnaissent l'existence et la puissance de Dieu, mais leurs cœurs sont remplis de suffisance, d'ambition et d'égoïsme.
Le récit de Qaroun, qui appartenait au peuple de Moïse, est cité dans le Coran comme étant l'exemple-type de l'homme riche et mondain. Qaroun et tous ceux qui lui envient son statut social et ses biens ne sont que de soi-disant croyants qui sacrifient leur religion pour s'enrichir et qui perdent ainsi la vie éternelle bénie, se condamnant à des tourments éternels:
En vérité, Qaroun était du peuple de Musa mais il agissait avec violence à leur encontre. Nous lui avions donné des trésors dont les clefs auraient semblé lourd à tout un groupe d'hommes forts. Son peuple lui dit: "Ne te réjouis point. Car Allah n'aime pas les arrogants. Et recherche, à travers ce qu'Allah t'a donné, la Demeure dernière. Et n'oublie pas ta part en cette vie. Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne recherche pas la corruption sur terre. Car Allah n'aime pas les transgresseurs."
Il dit: "C'est par une science que je possède que tout ceci m'est venu." Ne savait-il pas qu'avant lui Allah avait fait périr des générations supérieures à lui en force et plus riches en biens? Et les criminels ne seront pas interrogés sur leurs péchés!
Il sortit devant son peuple fièrement vêtu de sa tenue d'apparat. Ceux qui aimaient la vie présente dirent: "Si seulement nous possédions quelque chose de semblable à ce qui a été donné à Qaroun. Il a été doté, certes, d'une immense fortune."
Tandis que ceux à qui le savoir avait été donné dirent: "Malheur à vous! La récompense d'Allah est meilleure pour celui qui croit et fait le bien; mais seuls les patients l'obtiendront."
Nous fîmes donc en sorte que la terre l'engloutisse et engloutisse sa maison. Aucun clan en dehors d'Allah ne fut là pour le secourir, et il ne pût se secourir lui-même.
Et ceux qui, la veille, avaient souhaité être à sa place se mirent à dire: "Ah! Il est vrai qu'Allah augmente la part de qui Il veut, parmi Ses serviteurs, ou la restreint. Si Allah ne nous avait pas favorisés, Il nous aurait certainement fait engloutir. Ah! Il est vrai que ceux qui ne croient pas ne réussissent pas."
Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qu ne cherchent ni à s'élever sur terre ni à y semer la corruption. Cependant, l'heureuse fin appartient aux gens pieux.

Quiconque viendra avec de bonnes actions obtiendra mieux que cela; et quiconque viendra avec le mal, (qu'il sache) que les malfaisants ne seront rétribués que selon ce qu'ils ont commis. (Surat al-Qasas: 76-84)

Le principal méfait de Qaroun fut de se considérer lui-même comme un être humain totalement indépendant et détaché de Dieu. En effet, comme le verset le suggère, simplement il prétendait mériter, convaincu d'être quelqu'un d'exceptionnel, le pouvoir et la richesse que lui avait accordés Dieu.
En vérité, tous les hommes sont des serviteurs de Dieu, et ils ne reçoivent pas des biens "de droit". Tout ce qu'un homme reçoit dans cette vie est une faveur de Dieu et la conscience de cette réalité est nécessaire pour ne pas se montrer ingrat envers Lui. La gratitude de l'homme devra au contraire s'exprimer par une attitude correcte à Son égard, et c'est d'ailleurs certainement là la meilleure façon d'être reconnaissant à l'égard du Seigneur. Par contre, Qaroun et ses émules ne s'aperçoivent de leur erreur qu'une fois qu'un désastre les frappe. Et après tous les malheurs qui les écrasent s'ils persistent dans leur rébellion contre Dieu, ils se trouvent complètement ruinés. Leur fin sera inéluctable: l'Enfer, et quel bien mauvais lieu de séjour!

Sachez que la vie présente n'est que jeu, amusement, vaine parure et course à l'orgueil entre vous et rivalité dans l'acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie: la végétation qui en provient émerveille les cultivateurs, puis elle fane et tu la vois donc jaunie; ensuite ce n'est plus que des débris. Et dans l'Au-delà, il y a un dur châtiment [pour les mécréants], et aussi un pardon et un agrément d'Allah [pour les croyants]. Et la vie présente n'est que jouissance trompeuse. (Surat al-Hadid: 20)


Les faiblesses de l’homme

Dieu a créé l'homme de façon à en faire un être complet et équilibré, et doté de caractéristiques supérieures. Sa supériorité sur toutes les autres créatures est indéniable, comme en témoignent ses aptitudes intellectuelles de réflexion et de compréhension, et ses capacités d'apprentissage et d'élaboration d'une culture.
Mais vous êtes-vous jamais demandés pourquoi, en dépit de ces spécificités exceptionnelles, l'homme avait un corps aussi fragile, toujours vulnérable aux atteintes externes comme internes? Pourquoi est-il exposé aux attaques des microbes ou des bactéries, qui sont des êtres microscopiques et donc invisibles à l'œil nu? Pourquoi consacre-t-il une partie de son temps quotidien à se maintenir propre? Pourquoi son corps nécessite-t-il des soins? Et pourquoi vieillit-il avec le temps?
Les gens pensent généralement qu'il s'agit là de phénomènes naturels. Cependant, il y a une signification sous-jacente à ce besoin de soins et d'entretien corporel. En effet Dieu a spécifiquement créé chaque aspect des besoins de l'homme, et le verset "… l'homme a été créé faible" (Surat an-Nisa: 28), en apporte une preuve.
L'existence d'une telle précarité de l'être humain est là pour lui faire comprendre qu'il dépend de Dieu et que ce monde n'est pour lui qu'une résidence temporaire.
L'homme ne joue aucun rôle dans la détermination de sa date et de son lieu de naissance. De même, il ne saura jamais où et comment il mourra. De plus, tous ses efforts pour éliminer les facteurs affectant positivement ou négativement sa vie se révéleront vains et sans espoir.
La fragile nature de l'homme impose beaucoup de précautions pour qu'il puisse survivre jour après jour. A priori, il n'est absolument pas protégé contre les incidents imprévisibles et survenant brutalement, où qu'il soit dans le monde. De façon similaire, il est exposé à des dégradations imprévisibles concernant sa santé, et ce aussi bien s'il réside dans une grande ville que s'il habite dans un village éloigné des grands centres urbains. Il n'est pas du tout impossible que l'homme contracte subitement une maladie incurable, et ceci est vrai à tout instant. De même, un accident peut à tout moment occasionner une perte irréversible de force physique ou bien gâter pour toujours un joli visage. Tout ceci est vrai pour tous les êtres humains, sans distinction de statut, de race, de rang… Une "star" tout comme un berger peut voir sa vie basculer par suite de circonstances inattendues.
Le corps humain est un organisme faible composé de chair et d'os, et il pèse environ 70-80 kilogrammes. Seule une frêle peau le protège. Il ne fait pas de doute que cette couche si mince peut facilement être blessée et contusionnée. Par ailleurs, elle devient craquante et desséchée lorsqu'elle est trop exposée au vent ou au soleil. Pour ne pas subir continuellement des atteintes de la part de son environnement, l'homme se doit d'être sans cesse sur ses gardes face aux agressions possibles des éléments qui l'entourent.
Bien que les systèmes internes régissant le corps de l'homme soient de véritables petites merveilles, les "matériaux", à savoir la chair, les muscles, les os, les nerfs, le système cardiovasculaire et la graisse, se dégradent très vite si aucune précaution n'est prise. Si la texture de l'homme était différente, et s'il était fait d'une matière autre que la chair et la graisse, et qui ne permettait aucun accès aux intrus extérieurs tels que les microbes et les bactéries, les maladies seraient inconnues. Mais la chair est bel et bien la substance la plus précaire: elle pourrit et elle est même mangée par les vers si elle est laissée à la température ambiante quelque temps.
Tel un rappel incessant de l'existence de Dieu, l'homme ressent souvent que son corps a des besoins vitaux. Exposé à un climat froid par exemple, sa santé est menacée si son système immunitaire se révèle être défaillant; en effet, il y a alors impossibilité de maintenir constante la température du corps (37°C), ce maintien étant une nécessité vitale pour jouir d'une bonne santé.1 Son rythme cardiaque ralentit, les vaisseaux sanguins se contractent, et la pression artérielle augmente. Le corps commence à frissonner afin de tenter de se réchauffer. Lorsque la température descend à 35°C, le pouls s'effondre et les vaisseaux sanguins se contractent dans les bras, les jambes et les doigts, ce qui est un signe très préoccupant2; la personne ressent alors des troubles en permanence et s'endort constamment. Les fonctions mentales régressent. Et si la température interne descend au-dessous de 33°C, il y a perte de conscience. A 24°C, le système respiratoire devient défaillant. Le cerveau subit des séquelles en dessous de 20°C, et finalement le cœur s'arrête de battre à 19°C, amenant inéluctablement la mort.
Ceci n'est que l'un des exemples qui seront exposés dans la suite de ce livre. L'objectif recherché au travers de ces exemples est de souligner que, à cause des incontournables facteurs qui mettent en péril son existence, l'homme sera toujours insatisfait dans sa vie quotidienne. Le lecteur devrait comprendre qu'il ne faut pas s'attacher aveuglément à cette vie et ne pas passer son temps à courir après des rêves, mais qu'il est nécessaire de toujours se souvenir de Dieu et de la vraie vie qu'est celle de l'Au-delà.
Il existe un Paradis éternel promis à l'homme. Comme les lecteurs pourront le constater de le voir dans les pages suivantes, le Paradis est un lieu de perfection. Au Paradis, l'homme sera totalement débarrassé des faiblesses physiques et des imperfections qui étaient son lot de tous les jours sur terre. Tout ce qu'il désirera sera aisé à obtenir. De plus, la fatigue, la soif, l'épuisement, la faim et les blessures seront inexistants au Paradis.
Par le présent livre, nous souhaitons aussi aider les gens à réfléchir sur leur véritable nature et à comprendre plus profondément que le Créateur est infiniment supérieur. Egalement, rappeler que l'homme a besoin de la guidance de Dieu est utile à tous. Dieu précise dans le Coran:

Ô hommes! Vous êtes les indigents ayant besoin d'Allah, et Allah est absolu et Il est le Digne de louange. (Surat al-Fatir: 15)

Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) rappelle ce qui suit:
Celui qui sort de chez lui en disant : "Au nom de Dieu, je place ma confiance en Dieu! Il n'y a de force ni de puissance qu'en Dieu", s'entendra répondre : "Tu es guidé, tu es comblé et tu es préservé." (Rapporté par Abû Dâwud, Al-Tirmidhî)


Les soins du corps

L'homme est exposé à de nombreux risques physiques. Bien entretenir son corps et maintenir propre son environnement constituent de lourdes tâches qui ne peuvent jamais être délaissées si l'on veut éviter le plus que possible les risques pour la santé. Et ce qui est encore plus frappant, c'est que ces tâches accaparent vraiment une grande part de notre temps. Nous avons consulté des données provenant d'études menées afin de savoir combien de temps est consacré au rasage, au bain, aux soins des cheveux, de la peau, des ongles etc. Ces résultats sont étonnants, et révèlent la quantité de précieux temps quotidien consacrée à ces "travaux".
Tout au long de notre vie quotidienne, nous rencontrons beaucoup de gens. A la maison, au bureau, dans la rue ou dans les centres commerciaux, nous avons affaire à nos semblables, propres et élégamment vêtus; les visages sont rasés, les vêtements sont repassés, les chaussures sont bien cirées. Pourtant, combien de temps et d'efforts sont requis pour parvenir à ce résultat!
Dès que le jour se lève, et jusqu'à ce que nous allions nous coucher, nous nous livrons aux mêmes rituels de propreté jour après jour; à peine levés, nous nous dirigeons immédiatement vers la salle de bains; durant la nuit, la prolifération des bactéries a entraîné une dégradation de notre haleine, et il se dégage de nous une odeur désagréable, nous obligeant à nous laver les dents sans tarder. Mais tout ne s'arête pas aux dents, et même le fait de se laver le visage et les mains est insuffisant. En effet, pendant la journée, les cheveux vont devenir gras et le corps va se salir. Et la nuit, lors d'un rêve, il n'est pas possible d'arrêter la transpiration. Pour se débarrasser des mauvaises odeurs fort déplaisantes ainsi que de la sueur, le besoin urgent d'une douche se fait sentir. Sinon, quelle réaction peut-on attendre de notre entourage?
La diversité d'ustensiles et de produits de soin est à proprement parler étonnante, et c'est sans doute là une preuve suffisante des besoins illimités du corps. En plus du savon et de l'eau, de nombreux compléments apparaissent nécessaires: le shampooing, l'après-shampooing, le dentifrice et les produits permettant d'obtenir des dents brillantes, les cotons-tiges, des poudres et crèmes diverses, des lotions; et la liste ne semble pas pouvoir s'arrêter. A part ces produits de base, il y a en effet des centaines d'autres produits élaborés en laboratoire afin de mettre davantage en valeur le corps.
Et en parallèle à ces soins corporels, tout un chacun doit aussi consacrer beaucoup de temps à nettoyer ses vêtements, sa maison et devant chez lui. D'ailleurs, comment pourrait-on rester propre au sein d'un environnement dégradé?
En bref, nous consacrons une fraction de notre vie uniquement à répondre à des préoccupations de propreté et de souci des apparences, et pour cela nous avons besoin de nombreux produits chimiques. Dieu nous a créés avec de nombreux points faibles, cependant Il nous a permis de développer des méthodes pour masquer temporairement l'usure du temps et pour garder la forme aux yeux des autres. De plus, l'homme est doté de suffisamment d'intelligence pour trouver les moyens de couvrir ses "faiblesses". Si nous négligeons de nous maintenir présentables aux yeux des autres, nous ne tarderons pas à apparaître repoussants aux yeux de tous.
D'autre part, le fait est qu'on ne peut pas rester propre très longtemps. Par exemple, après quelques heures, rien ne subsiste de la fraîcheur procurée par une douche, rendant cette dernière nécessaire au moins une fois par jour. De même, nous devons nous brosser les dents régulièrement, sinon nous subissons des attaques bactériennes. Une femme qui passe une heure devant son miroir pour peaufiner son maquillage n'en portera plus aucune trace le lendemain matin; et de plus, si elle ne l'enlève pas proprement, son visage apparaîtra encore plus laid à cause des traces de produits cosmétiques. Et un homme doit sans cesse répéter son rasage jour après jour.
Il est important de comprendre que toutes ces nécessités existent dans un but bien précis, et un exemple va nous le démontrer; ainsi, lorsque la température de notre corps augmente, nous transpirons. L'odeur accompagnant la sueur est dérangeante. Ceci est un processus inévitable pour tout être humain vivant sur terre. Pourtant, cela aurait pu être différent! Par exemple, les plantes ne suent jamais. Une rose ne pue jamais, bien qu'elle grandisse dans le sol, qu'elle soit nourrie par des engrais, et qu'elle demeure dans un environnement de saleté et de poussière. En dépit de cet environnement défavorable, elle possède une senteur délicate. Inutile de dire, bien sûr, que la rose n'a besoin d'aucun soin corporel! Eh bien, peu importe quels cosmétiques sont appliqués sur la peau, peu d'êtres humains jouissent d'une bonne odeur permanente.
Venant s'ajouter aux besoins du corps relatifs à l'hygiène, la nutrition est également essentielle pour la santé, afin que soit réalisé un fragile équilibre de protéines, d'hydrates de carbone, de sucres, de vitamines et de divers minéraux essentiels pour le corps. Dès que cet équilibre est mis en péril, de sérieux troubles peuvent survenir dans le fonctionnement des systèmes de notre corps: le système immunitaire perd ses qualités protectrices, laissant le corps affaibli et exposé à la maladie. Par conséquent, la nutrition doit faire l'objet des mêmes attentions que les soins corporels.
Un élément encore plus fondamental pour notre santé et notre survie est bien entendu l'eau. Un homme peut survivre sans nourriture pendant une certaine période, mais quelques jours sans eau entraîneront des conséquences fatales. Toutes les fonctions chimiques du corps sont en effet réalisées grâce à l'apport d'eau.
Ce qui vient d'être abordé concerne les faiblesses que nous pouvons observer dans notre corps. Une question demeure cependant: avons-nous bien conscience qu'il s'agit là de faiblesses? Sinon, les considérons-nous comme étant "naturelles" puisque tous les êtres humains dans le monde sont sujets à la même précarité? Il convient tout de même de garder présent à l'esprit le fait que Dieu aurait pu créer l'homme parfait, sans aucune faiblesse. Chaque être humain aurait pu, en effet, être naturellement propre et parfumé comme une rose. Néanmoins, les leçons à tirer d'une telle dépendance mènent finalement à la sagesse, nous exhortant à éclaircir notre esprit et à devenir conscients; l'homme, en étant témoin de ses imperfections, se devrait de comprendre pourquoi il a été créé, et s'efforcer de mener une vie honorable comme serviteur de Dieu.



Quinze années d'inconscience

Chaque être humain est obligé de dormir quotidiennement. Peu importe les efforts éventuellement déployés pour éviter d'être la proie du sommeil, au bout d'un moment tout un chacun s'endormira inévitablement, et restera endormi six heures en moyenne. Par conséquent, l'homme ne reste conscient que dix-huit heures par jour, le sommeil étant à juste titre considéré comme un état d'inconscience complète. Une fois énoncée cette réalité, nous arrivons par suite à un résultat frappant: un quart de la durée de vie moyenne d'un homme, à savoir quinze années sur une durée de vie d'environ soixante ans, est passée en situation d'inconscience totale.
Existe-t-il une alternative au sommeil? Qu'arriverait-il à quelqu'un qui dirait: "Je ne veux pas dormir?"
Tout d'abord, le manque de sommeil conduit à une rougeur des yeux, et conjointement la teinte de la peau devient pâle. Si le déficit de sommeil s'aggrave, il s'ensuit une perte de conscience.
Les signes précédents de peu l'endormissement sont la fermeture involontaire des paupières et l'impossibilité de se concentrer. Il s'agit là d'un processus inexorable, qui saisit chacun, beau ou laid, riche ou pauvre.
L'emprise progressive du sommeil ressemble à une agonie: le corps devient insensible au mode extérieur et ne répond plus aux stimuli. Les organes des sens, encore vifs peu de temps auparavant, commencent à défaillir. Dans le même temps, toute perception devient presque inexistante. Le corps réduit toutes ses fonctions jusqu'à un niveau minimal, conduisant l'individu à une désorientation dans le temps et l'espace, et tout mouvement des membres devient laborieux. Cet état est véritablement une variante de la mort, cette dernière étant définie par le départ de l'âme hors du corps. De fait, pendant le sommeil, le corps repose dans le lit alors que l'esprit connaît des pérégrinations en des lieux totalement différents; ainsi, lors d'un rêve, on peut très bien se voir en train de se reposer sur une plage par une chaude journée d'été, inconscient d'être en réalité endormi dans son lit. Le mort, également, présente la même apparence extérieure: son âme se trouve alors séparée de son corps, et elle est transportée dans un autre monde. C'est pour cette raison que Dieu, dans le Coran qui est l'unique révélation demeurée authentique et qui puisse guider l'humanité sur la bonne voie, nous remémore de façon répétée concernant cette similitude entre le sommeil et la mort:

Et la nuit, c'est Lui qui prend vos âmes, et Il sait ce que vous avez acquis pendant le jour. Puis Il vous ressuscite le jour afin que s'accomplisse le terme fixé. Ensuite, c'est vers Lui que sera votre retour, et Il vous informera de ce que vous faisiez. (Surat al-An'am: 60)

Allah reçoit les âmes au moment de leur mort ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil. Il retient celles à qui Il a décrété la mort, tandis qu'Il renvoie les autres jusqu'à un terme fixé. Il y a certainement là des preuves pour des gens qui réfléchissent. (Surat az-Zumar: 42)

C'est donc dans un état de perte de connaissance imitant la mort que tout un chacun passe un tiers de sa vie, privé alors de toute fonction sensorielle. Pourtant, cette réalité attire très peu la réflexion des gens, qui ne réalisent pas qu'en situation de sommeil ils abandonnent pour quelque temps derrière eux tout ce qu'ils chérissent en ce monde: un examen important, une forte somme d'argent perdue en bourse pendant la journée ou bien encore un problème personnel mineur, en bref tous les soucis qui revêtaient une grande importance durant le jour s'évanouissent lors du sommeil. Ceci signifie que nous n'avons plus aucun contact avec le monde d'ici-bas une fois endormis.
Tous les exemples présentés jusqu'ici nous éclairent sur l'aspect fugitif de l'existence terrestre et sur l'énorme quantité de temps consacrée à des tâches quotidiennes de routine qui sont pourtant quasi-obligatoires. Et lorsqu'on retranche ce temps-là à la durée moyenne d'une vie, on s'aperçoit à quel point nous disposons de peu de temps pour jouir des soi-disant plaisirs de la vie. Après coup, nous sommes stupéfaits du temps total absorbé par le sommeil, les soins du corps, notre alimentation, l'entretien de nos biens et le travail laborieux en vue d'améliorer sans cesse notre niveau de vie.
Il s'avère très intéressant d'évaluer le temps de plaisir qui nous reste après avoir tenu compte des facteurs contraignants qui viennent d'être énoncés. Comme il a été précisé plus haut, entre 15 et 20 années d'une durée de vie moyenne de 60 ans sont prises par le sommeil. Il faut tenir compte de 5 à 10 ans de petite enfance, qui sont autant d'années passées aussi dans un état d'inconscience, à ôter par conséquent des 40 ou 45 années qui restaient précédemment. En d'autres termes, un homme de soixante ans aura passé environ la moitié de sa vie déconnecté de la réalité d'ici-bas. Et en ce qui concerne l'autre moitié de la vie, de nombreuses statistiques sont disponibles; les chiffres en question prennent cette fois en compte par exemple le temps mobilisé pour préparer les repas, manger, se laver, et le temps pendant lequel nous sommes coincés dans les embouteillages. Cette liste ne s'arrête d'ailleurs pas là. Finalement, ce qui reste c'est une "longue" vie de 3 à 5 ans! Quelle est donc l'importance de ce morceau insignifiant d'existence en comparaison avec une vie éternelle?
C'est là que le fossé se creuse entre les incroyants et les croyants; les mécréants, convaincus que la seule vie est celle qu'ils sont en train de connaître sur cette terre, s'efforcent d'en tirer le maximum de profits matériels. Pourtant, il s'agit là d'entreprises vaines: cette vie est comme un éclair, et les êtres humains sont limités dans leurs actions par de multiples facteurs contraignants. Ajouté à cela, les incroyants vivent de façon tourmentée, assaillis par les soucis et les craintes.
Ceux qui ont la foi, par contre, traversent cette vie en se souvenant de Dieu, sentant Sa présence à chaque instant, et même lors de l'accomplissement des tâches et servitudes quotidiennes dont nous avons parlé plus haut. L'objectif de leur vie est uniquement de plaire à Dieu, et ainsi peuvent-ils jouir d'une certaine sérénité et mener une existence paisible, en étant comme isolés par rapport aux chagrins et aux peurs de ce monde. En conclusion, leur unique préoccupation est d'obtenir le Paradis, lieu d'un bonheur éternel. Et cette manière de voir est évoquée dans le verset suivant:
Et on dira à ceux qui étaient pieux: "Qu'a fait descendre votre Seigneur?" Ils diront: "Tout ce qui est bien". Ceux qui font les bonnes œuvres auront un bien ici-bas; mais la demeure de l'Au-delà est certes meilleure. Combien agréable sera la demeure des gens vertueux! (Surat an-Nahl: 30)


Les maladies et les accidents

L'existence de maladies est également là pour rappeler à l'homme combien il est faible. Notre corps, hautement protégé contre toutes sortes d'agressions extérieures, se trouve sérieusement affecté par de simples virus, qui sont des vecteurs de maladies invisibles à l'œil nu. Cette réalité semble échapper à la raison, puisque Dieu a doté notre corps du système immunitaire, qui est semblable à une armée bien organisée et très cohérente. Et pourtant, en dépit de ces défenses, nous tombons malades. Le plus souvent, nous n'imaginons même pas que, vu l'excellence du système qui protège notre corps, des agents producteurs de maladies puissent s'infiltrer en nous et nous occasionner des souffrances. Et de fait, ces êtres aussi insignifiants dans leur apparence que sont les virus et les microbes, auraient très bien pu ne pas exister, si Dieu l'avait voulu. Néanmoins, encore de nos jours, n'importe qui peut être terrassé par une maladie sérieuse s'étant développée à partir d'un facteur insignifiant. Par exemple, un seul virus pénétrant dans notre corps suite à une légère coupure de la peau peut très rapidement se répandre partout en nous et prendre le contrôle d'organes vitaux. Et en dépit de technologies performantes, un simple virus grippal peut devenir un facteur de menace pouvant mettre en danger toute une population. L'histoire nous montre comment, à plusieurs reprises, la grippe a modifié la structure démographique des pays où elle a sévi; ainsi, en 1918, vingt-cinq millions de personnes en sont mortes à travers toute l'Europe. Et en 1995, une épidémie a raflé plus de 30.000 vies, surtout en Allemagne.
Aujourd'hui le danger persiste: un virus peut frapper à tout moment et menacer la vie de tout un chacun, et une maladie rare peut réapparaître après avoir "sommeillé" pendant plus de vingt ans. Le fait d'accepter tous ces incidents comme des survenances naturelles et de ne pas réfléchir là-dessus serait commettre une sérieuse erreur. En effet, Dieu éprouve l'humanité par des maladies dans un but précis; les arrogants trouveront de la sorte une occasion de prendre conscience de la nature limitée de leur puissance. De plus, nous avons là un moyen efficace pour voir le vrai visage de cette vie.
Mis à part les maladies, les accidents constituent une menace sérieuse pour l'homme. Aucun jour ne s'écoule sans que les journaux ne nous rapportent des récits d'accidents routiers, ferroviaires, aériens, etc. Il en est de même sur les radios et télévisions. Pourtant, en dépit de la fréquence élevée de ce phénomène, nous n'envisageons presque pas que nous pourrions un jour en être victimes. Il existe cependant bel et bien des milliers de facteurs qui risquent à tout moment d'infléchir le cours de notre existence; par exemple, nous pouvons être victimes d'une chute au milieu de la rue, ou un banal accident peut se compliquer et donner lieu à une hémorragie du cerveau ou à une jambe cassée, ou bien encore nous pouvons nous étouffer lors d'un repas. Les causes peuvent paraître insignifiantes, mais chaque jour des milliers de gens dans le monde se trouvent confrontés aux fâcheuses conséquences de ces "banalités".
Ces faits devraient nous faire comprendre la futilité de l'attachement excessif à ce monde, et nous devrions tirer comme leçon que toute chose nous ayant été accordée dans ce monde n'est qu'une faveur temporaire destinée à nous mettre à l'épreuve. Il est vraiment ahurissant de voir qu'un être humain, encore incapable de combattre un virus microscopique, ose user d'arrogance envers Dieu.
Il ne fait aucun doute que Dieu est le Créateur de l'homme et qu'Il est Celui qui le protège contre tous les dangers. A cet égard, les accidents et les maladies nous montrent qui nous sommes. Quelle que soit la puissance que nous croyons posséder, nous ne pouvons empêcher un quelconque désastre de survenir, excepté par la volonté de Dieu. Dieu crée toute maladie ou autre situation difficile pour remémorer l'homme de ses faiblesses.
Ce monde est un vaste champ d'épreuves pour nous. Chacun doit s'efforcer d'y obtenir la satisfaction de Dieu. A l'issue de cette "phase de tests", seuls ceux qui auront vécu sans rien Lui associer, et en ayant obéi à Ses prescriptions et interdictions, résideront pour toujours dans le Paradis. Quant à ceux qui ne se seront pas départis de leur arrogance et qui auront préféré s'investir dans ce monde et obéir à leurs désirs insatiables, ils auront troqué une vie éternelle de bonheur et d'aisance contre des souffrances éternelles dans l'Au-delà, souffrances qui auront en fait commencé dès cette vie-ci.
Les conséquences des maladies et accidents

Comme il vient d'être dit, nous devons considérer les maladies et les accidents comme des épreuves par lesquelles Dieu teste l'être humain. En face d'une telle situation, le croyant se tourne immédiatement vers Dieu, L'invoquant et cherchant refuge auprès de Lui, car il est bien conscient que rien ni personne en-dehors de Dieu ne peut soulager sa douleur. Dans le Coran, le Prophète Ibrahim (que la paix soit sur lui) est loué pour son attitude exemplaire. Son invocation sincère est un véritable exemple pour tous les croyants, et elle est citée dans le Coran:

C'est Lui qui me nourrit et me donne à boire; et quand je suis malade, c'est Lui qui me guérit; et c'est Lui qui me fera mourir, puis me redonnera la vie. (Surat ash-Shu'ara: 79-81)

Le Prophète Ayyoub (que la paix soit sur lui), d'autre part, constitue un bon exemple pour tous les croyants, lorsqu'on considère sa patience face à une maladie cruelle et le fait qu'il n'a cherché de salut qu'auprès de Dieu Tout-Puissant:

Et rappelle-toi Ayyoub, Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur: "Satan m'a infligé détresse et souffrance." (Surat Sad: 41)

De telles détresses renforcent la loyauté des croyants à l'égard de leur Créateur et elles accroissent leur maturité. C'est pourquoi chaque souffrance est considérée comme une "circonstance positive". Les incroyants, par contre, perçoivent toute maladie et tout accident comme des "circonstances négatives". Ne comprenant pas que tout a un sens et que la patience dans l'épreuve sera récompensée dans l'Au-delà, les mécréants sombrent dans un profond désarroi. En effet, au sein d'un système fondé sur la négation de l'existence de Dieu, les gens adoptent un point de vue matérialiste et par conséquent l'accident et la maladie sont vécus par eux douloureusement. Le point de vue de la société matérialiste est d'ailleurs tel que les "amis intimes" de la personne gravement malade ou accidentée finissent plus ou moins rapidement par s'éloigner de la personne éprouvée, et ce parce que l'assistance qui lui est nécessaire ainsi que sa compagnie peuvent être vécues comme étant des fardeaux. Peu importe alors l'affection ou l'amour que cette personne prodiguait à son entourage dans les "bons vieux jours", car dès qu'elle se trouve "clouée au lit" ou obligée de vivre avec un handicap quotidien, tout attachement envers elle peut se diluer de manière stupéfiante. Une autre raison de ce revirement d'attitude, elle aussi dictée par la société matérialiste, c'est la perte chez le malade de sa beauté ou de ses aptitudes physiques ou intellectuelles, puisque pour cette société tout individu s'évalue par son potentiel apparent et observable par les autres, rien d'autre n'étant considéré comme pouvant présenter un intérêt.
Par exemple, l'épouse ou les proches parents d'un homme handicapé vont se plaindre sans tarder des difficultés que cet "accident de parcours" leur occasionne, en se lamentant de plus sur leur malheur. La plupart vont déclarer qu'ils se considèrent trop jeunes pour avoir à devoir assumer les conséquences d'un tel fâcheux événement; mais cela n'est qu'un prétexte pour essayer de justifier qu'ils ne peuvent pas s'occuper de leur parent durement touché. D'autres, par contre, s'occuperont de lui uniquement par crainte du "qu'en dira-t-on" au cas où ils l'abandonneraient, se méfiant surtout des rumeurs qui se répandent terriblement vite. Dans ces périodes troublées, les promesses prononcées durant les jours heureux se trouvent brusquement remplacées par des sentiments égoïstes.
Des comportements semblables ne doivent pas nous surprendre au sein d'un contexte social où les traits de caractère tels que la loyauté ne sont jugés positifs que si un quelconque profit matériel peut en être retiré. Dans une société matérialiste, on ne peut s'attendre à une fidélité constante qu'en échange d'une rétribution tangible, car les gens ne craignent pas Dieu. Après tout, nous ne pouvons pas espérer de quelqu'un un comportement sincère et honnête s'il ne croit pas qu'il sera puni pour son échec ou au contraire récompensé pour ses scrupules. Dans la société matérialiste, un être humain s'attachant à la vertu sans attendre de récompense immédiate et matérielle est considéré comme un idiot, et ce parce que la fidélité désintéressée à un être qui disparaîtra au plus dans quelques décades n'y a aucun sens, la mort y étant vécue comme une disparition définitive. Dans un contexte où les deux parties en présence sont conscientes de n'être sur terre qu'un court laps de temps avant de disparaître à jamais, une attitude désinvolte semble raisonnable: pourquoi, en effet, ne pas préférer la voie la plus facile et endurer des difficultés supplémentaires?
Cependant, la réalité est toute autre. Ceux qui s'en remettent à Dieu ressentent Sa présence et sont conscients de leurs faiblesses; ils Le craignent et jugent les autres selon la manière dont Il souhaite. La caractéristique la plus chère chez un croyant c'est sa piété et, par conséquent, le noble comportement qui s'ensuit. Si celui qui craint Dieu fait preuve de perfection morale en ce monde, il obtiendra la perfection éternelle qui lui est promise dans l'Au-delà. Face à cela, les défauts physiques en ce monde perdent toute importance. Telle est la promesse de Dieu faite aux croyants. Et c'est là que réside la source de l'affection et du respect mutuels entre les croyants, et de la sollicitude qu'ils apportent face aux défauts physiques des autres, qui se traduit par une prise en charge de bon cœur d'un éventuel handicap d'un proche.
Ce fossé entre mécréants et croyants dans la façon de percevoir les choses, combiné à leurs états d'âmes très différents, est très important. Tandis que les rancœurs et la colère sont absentes des poitrines des croyants, supplantées par un sentiment de paix et de sérénité, les incroyants se sentent, eux, submergés par l'amertume, l'insatisfaction et l'angoisse devant ce qu'ils appellent un "véritable malheur"; les mécréants considèrent presque qu'il s'agit d'un coup que leur porte la société autour d'eux, alors qu'en vérité il s'agit d'un coup que Dieu leur a asséné. Et ceux qui sont convaincus de n'avoir jamais à répondre de leurs méfaits seront sidérés le Jour du jugement lorsqu'ils seront interrogés sur leur cruauté, leurs trahisons et leur mécréance:

Que les mécréants ne croient pas que ce délai que Nous leur accordons est à leur avantage. Si Nous leur accordons un délai, c'est seulement pour qu'ils augmentent leurs péchés. Et il y aura pour eux un châtiment avilissant. (Surat Ali-Imran: 178)


La vieillesse

L'effet destructeur des années qui passent est parfaitement observable sur notre bien le plus précieux, à savoir notre corps, ce dernier étant en effet sujet à un processus irréversible de dégénérescence. Les changements que l'homme doit endurer tout au long de son existence sont évoqués dans le Coran:

C'est Allah qui vous a créés faibles, puis après la faiblesse Il vous donne la force; puis après la force Il vous réduit à la faiblesse et à la vieillesse. Il crée ce qu'Il veut et c'est Lui l'Omniscient, l'Omnipotent. (Surat ar-Rum: 54)

La vieillesse est la période la plus négligée dans les plans d'avenir que l'adulte ne cesse d'ébaucher, mis à part bien entendu le processus de versement de cotisations pour assurer l'aspect financier de la retraite. De fait, se trouvant alors proches de la mort, les gens adoptent généralement une approche hésitante concernant cette période; et quand quelqu'un veut aborder cette question, les autres se sentent anxieux et essaient aussitôt de changer le sujet de la conversation, qu'ils jugent déplaisant. La routine de la vie quotidienne constitue également une échappatoire à la réflexion sur ces dernières années qui risquent fort d'être très désagréables. Ainsi, cette période de la vie est oubliée jusqu'au jour où l'individu atteint effectivement la vieillesse. Sans nul doute, une telle attitude provient de l'illusion de disposer d'un temps vraiment très long jusqu'à ce que survienne la mort. Cette idée fausse est évoquée dans le Coran:

Au contraire Nous avons accordé une jouissance temporaire à ceux-là comme à leurs ancêtres jusqu'à un âge avancé… (Surat al-Anbiya: 44)

Cette bévue mène souvent à un fort chagrin, tout simplement du fait que, quel que soit notre âge, les seules traces qui demeurent de notre passé sont de vagues souvenirs. L'enfance est par exemple une période si éloignée que l'on s'en souvient à peine. D'ailleurs, il est même difficile de se souvenir de ce qui s'est passé au cours des dix dernières années. Les plus grandes ambitions d'un jeune homme, ses décisions importantes, et les objectifs qu'il s'était fixés, tout ceci perd son sens une fois les buts atteints et les événements accomplis. C'est pourquoi vouloir raconter un long récit de sa vie est une vaine entreprise.
Cette réalité devrait frapper tout homme, qu'il soit adolescent ou déjà parvenu à l'âge adulte, et l'amener à gérer sa vie différemment. Ainsi, par exemple, si vous êtes âgés de quarante ans et si vous espérez atteindre la soixantaine, bien qu'en fait vous n'ayez de cela aucune garantie, il est certain que ces vingt et quelques années encore à vivre passeront aussi rapidement que les quarante précédentes. Et cela est également vrai si votre vie se prolonge considérablement, puisque les trente ou quarante prochaines années s'écouleront sans que vous en ayez véritablement conscience. Vous avez là un rappel incessant du vrai visage de la vie en ce monde; un jour, toute âme vivant sur cette terre la quittera sans retour.
Par conséquent, l'homme se doit de laisser de côté ses préjugés et de se montrer plus réaliste sur sa vie; le temps passe très vite et chaque jour apporte un peu plus de faiblesse physique et de défaillances en matière de mémoire, et non davantage de dynamisme et un visage rajeuni. Pour rester brefs, disons que la vieillesse est une manifestation de l'incapacité de l'homme à contrôler son corps, sa vie et sa destinée. Les effets préjudiciables sur le corps, occasionnés par le temps qui passe, deviennent visibles durant cette période. Dieu nous informe sur cette dégradation dans le verset suivant:

Allah vous a créés! Puis Il vous fera mourir. Certains parmi vous seront reconduits jusqu'à l'âge le plus vil, de sorte qu'après avoir su, ils arrivent à ne plus rien savoir. Allah est, certes, Omniscient et Omnipotent. (Surat an-Nahl: 70)
En médecine, le très vieil âge est aussi appelé "la seconde enfance". Ainsi, durant cette période tardive de l'existence, les gens âgés tout comme les jeunes enfants ont besoin de soins quotidiens, du fait de leurs capacités physiques et mentales altérées.
Lorsqu'on avance en âge, des caractéristiques physiques et spirituelles appartenant au domaine de l'enfance ressurgissent. Ainsi les personnes âgées éprouvent-elles des difficultés pour accomplir certaines tâches requérant de la force; d'autre part se font jour des défaillances de pensée et de mémoire, des difficultés pour marcher et pour maintenir son équilibre, des défauts d'élocution et une irascibilité parfois inconnue jusqu'alors. Ce sont là quelques symptômes communément observables pendant la vieillesse.
En bref, après une certaine période, les gens régressent souvent vers un état de dépendance infantile à la fois physiquement et mentalement.
La vie commence et se termine donc dans un contexte de petite enfance. Ceci n'est évidemment pas dû au hasard. Il aurait en effet été possible que l'homme reste jeune jusqu'à sa mort. Cependant Dieu rappelle à l'homme la nature temporaire de ce monde en lui faisant goûter à une détérioration de sa vie à certains moments. Ce processus devrait lui faire prendre clairement conscience que la vie ne fait que s'éteindre doucement. Il évoque ce sujet dans le Coran:

Ô hommes! Si vous doutez au sujet de la Résurrection, sachez que c'est Nous qui vous avons créés de terre, puis d'une goutte de sperme, puis d'une adhérence, puis d'un embryon [normalement] formé aussi bien qu'informe pour vous montrer [Notre omnipotence]. Et Nous déposons dans les matrices ce que Nous voulons jusqu'à un terme fixé. Puis Nous vous en sortirons [à l'état] de bébé, pour qu'ensuite vous atteigniez votre maturité. Il en est parmi vous qui meurent [jeunes] tandis que d'autres parviennent au plus vil de l'âge si bien qu'ils ne savent plus rien de ce qu'ils connaissaient auparavant. De même tu vois la terre desséchée: dès que Nous y faisons descendre de l'eau, elle remue, se gonfle, et fait pousser toutes sortes de splendides couples de végétaux. (Surat al-Hajj: 5)


Les problèmes physiques liés à la vieillesse

Peu importe le montant de votre fortune ou l'état de votre santé à l'âge adulte, chacun se trouve finalement confronté à des infirmités et à des complications dues à l'âge, dont certaines se trouvent décrites ci-après:
La peau est vraiment un facteur important déterminant l'aspect d'une personne. C'est un facteur essentiel de beauté. Si un tissu de seulement quelques millimètres carrés est enlevé sur le visage, les âmes sensibles trouveront dérangeant ce nouveau "look"! Et ce uniquement parce que, en plus d'offrir au corps une protection contre les menaces extérieures, la peau procure à celui-ci une belle et douce apparence. C'est là sans nul doute une fonction importante de la peau. Et après tout, si une femme s'estime jolie, c'est seulement grâce à sa peau, qui n'est qu'un morceau de chair ne pesant pas plus de deux kilos et demi, et qui recouvre son corps. Et pourtant, à notre grand étonnement, c'est également le seul organe qui se dégrade de manière visible avec la venue de la vieillesse
Avec le temps, la peau perd de son élasticité du fait que les protéines constituant le "squelette" de ses couches internes connaissent une dégénérescence. C'est là aussi l'origine des rides qui apparaissent sur le visage, véritable cauchemar pour beaucoup de gens. D'autre part, le fonctionnement des glandes sébacées au niveau de la couche supérieure de la peau se ralentit, entraînant un assèchement de la peau. Et de plus, le corps va se trouver davantage exposé aux influences extérieures puisque la perméabilité de la peau augmente. Ce processus aboutit à de sérieux troubles du sommeil chez les personnes âgées, à des plaies superficielles, et à des démangeaisons typiques de cette tranche d'âge. Et ce n'est pas tout: des lésions se font jour au niveau des couches inférieures de la peau; le renouveau des tissus cellulaires et les mécanismes d'échanges cellulaires subissent des dysfonctionnements accentués, préparant le terrain à un développement de tumeurs.
La force des os, si importante pour le corps humain, diminue, si bien que la posture "debout" est difficilement accessible aux vieilles personnes. Et en marchant courbé, on perd tout sentiment de suffisance et toute arrogance, offrant aux autres la vision d'une incapacité à exercer un contrôle sur son propre corps. Il s'agit par conséquent d'une perte définitive de la belle apparence du passé.
Les symptômes de la vieillesse vont même plus loin encore. Par exemple, il est un fait bien connu que les personnes avancées en âge risquent fort de souffrir d'une dégradation de leurs organes sensoriels, puisque le renouvellement des cellules nerveuses cesse après un certain âge. Les gens âgés sont ainsi affectés par une désorientation spatiale due à un affaiblissement des yeux qui réagissent moins bien à l'intensité de la lumière. Ceci est très important puisqu'il s'agit d'une limitation de la vue: les couleurs deviennent moins vives, la position des objets devient floue, leurs véritables dimensions deviennent difficiles à évaluer. C'est là sans nul doute une situation difficile à laquelle les personnes concernées ont du mal à s'adapter.
Pourtant, il aurait été tout à fait possible que l'homme ne subisse jamais les effets destructeurs de l'âge; il aurait même pu devenir plus grand et plus fort en vieillissant! Et bien que nous soyons étrangers à un tel modèle, une vie plus longue aurait bel et bien pu offrir des opportunités sans précédent afin de se réaliser pleinement sur les plans personnel et social. Le temps qui passe aurait pu être synonyme de facteur d'amélioration de la qualité de vie, rendant cette dernière de plus en plus intéressante. Mais la réalité est que le système prescrit à l'humanité est fondé sur le déclin de la qualité de vie au fur et à mesure de l'approche de la vieillesse.
Il y a là une preuve patente supplémentaire de la nature éphémère de ce monde-ci. Dieu nous rappelle constamment cette vérité dans le Coran, et Il ordonne aux croyants de méditer à ce propos:

La vie présente est comparable à une eau que Nous faisons descendre du ciel et qui se mélange à la végétation de la terre dont se nourrissent les hommes et les bêtes. Puis lorsque la terre prend sa parure et s'embellit, et que ses habitants pensent qu'elle est à leur entière disposition, Notre ordre lui vient, de nuit ou de jour: c'est alors que Nous la rendrons toute moissonnée, comme si elle n'avait pas été florissante la veille. Ainsi exposons-Nous les Signes pour des gens qui réfléchissent. (Surat Yunus: 24)

Après une certaine période de sa vie, pendant laquelle l'homme se considère physiquement et mentalement fort, survient une nouvelle période au cours de laquelle il perd une grande partie de ce qu'il avait acquis et développé précédemment. Et ce processus s'avère inévitable et irréversible. Ceci se produit du fait que Dieu a créé ce monde pour être un lieu de séjour temporaire, le rendant de plus imparfait afin qu'il y ait justement là un rappel pour l'Au-delà.


Les leçons à tirer de la vieillesse des "stars"

Vieillir physiquement est inévitable pour celui qui avance en âge. Personne, sans exception, ne peut y échapper. Toutefois, lorsqu'une célébrité, une "star", vieillit, cela produit un fort impact sur nous puisque sa "transformation" s'opère au vu et au su de tous; être témoin du vieillissement de gens renommés mondialement pour leur beauté et leur richesse est sûrement un rappel de la brièveté et de l'insignifiance de cette vie. Tous les jours nous apportent moult exemples de ce processus, et ainsi nous observons à la télévision ou dans un magazine comment une personne intelligente, jouissant jusqu'alors d'une bonne santé et enviée pour sa splendeur physique ou l'étendue de ses biens matériels, vient d'être frappée d'une infirmité physique ou mentale. Et tout un chacun est potentiellement menacé d'un sort similaire. Or les stars occupent une place particulière dans notre esprit, même malgré nous, et le spectacle de leur déchéance nous émeut tout particulièrement. Dans les pages qui suivent, vous verrez les photographies de quelques-unes d'entre elles; chaque cas ne fera que corroborer ce que nous avons énoncé plus haut, à savoir que la vieillesse est inéluctable.


La mort de l'homme

La vie part doucement, seconde après seconde. Etes-vous vraiment conscients que chaque jour qui passe vous rapproche de la fin de votre existence terrestre, et qu'il en est de même pour tout votre entourage?
Comme nous le dit le verset suivant, "toute âme goûtera à la mort; ensuite c'est vers Nous que vous serez ramenés" (Surat al-Ankabut: 57), chaque être qui apparaît en ce monde est destiné à goûter à la mort. Sans exception. Et aujourd'hui, nous ne trouvons le plus souvent pas de traces de ceux qui ont disparu il y a un certain temps. Nous qui vivons actuellement serons également concernés par cette fin, et il en sera de même pour ceux qui nous succéderont sur cette terre. Malgré cela, les gens peuvent tendre à envisager la mort seulement comme un événement lointain, difficile à percevoir.
Pensez au cas d'un nouveau-né qui vient juste d'ouvrir les yeux et à celui d'un homme qui est en train de rendre l'âme. Aucun d'eux n'a pu exercer la moindre influence sur sa venue dans cette vie, et pour l'occurrence de leur mort la situation est identique. Seul Dieu possède le pouvoir d'inspirer le souffle de vie ou inversement de le reprendre.
Tous les êtres humains vivent jusqu'au terme qui leur a été fixé, puis survient leur mort; Dieu évoque dans le Coran l'attitude couramment observable vis-à-vis de ce phénomène naturel:

Dis: "La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui qui connaît parfaitement le monde invisible et le monde visible et qui vous informera de ce que vous faisiez." (Surat al-Jumu'ah: 8)

Plusieurs hommes évitent de penser à la mort. Aspirée dans le flux rapide des événements quotidiens, une personne s'occupe habituellement en s'investissant dans une foule de sujets totalement différents: quel collège choisir, les perspectives de carrière dans telle ou telle entreprise, quelle couleur de vêtements conviendrait pour demain, quel plat préparer pour le dîner; ce sont là des sujets de préoccupation courants. La vie est généralement envisagée comme étant une suite de "petits riens" semblables à ceux énumérés. Les tentatives pour aborder le sujet de la mort se trouvent tout de suite avortées du fait de l'opposition manifestée par ceux qui ne se sentent pas à l'aise face à cette réalité, qui font alors tout pour dévier le cours de la conversation. La prise en considération de cette question inéluctable est systématiquement renvoyée à plus tard, lors de la vieillesse, vu son caractère jugé déplaisant. Et pourtant, vivre une heure de plus n'est même jamais garanti! Chaque jour, l'homme est témoin de morts autour de lui sans penser au jour où ce seront les autres qui seront témoins de sa propre mort. Il ne parvient pas à s'imaginer sérieusement que cette fin l'attend sans aucun doute!
Néanmoins, quand arrive la mort, toutes les "réalités" de ce monde s'évanouissent soudainement. Aucun souvenir des "bons vieux jours" ne dure ici-bas. Notre Prophête (que la paix et le salut soient sur lui) conseille à ce propos de se remémorer fréquemment la mort qui détruit tous les plaisirs. (Rapporté par Tirmidhî)
Réfléchissez un instant à tout ce que vous êtes capables de faire actuellement: cligner des yeux, faire des mouvements avec vos membres, parler, rire; et à toutes les autres fonctions que remplit votre corps. Maintenant considérez l'état et la forme que prendra votre corps après la mort.
A partir de l'instant où survient votre ultime souffle, vous n'êtes plus qu'un "amas de chair". Votre corps, silencieux et sans mouvement, sera transporté à la morgue. Vêtu d'un linceul, votre cadavre sera emmené au cimetière; de la terre sera jetée sur vous une fois placés dans votre tombe, jusqu'à ce que vous soyez complètement recouverts. Telle sera la fin de votre histoire sur terre. Et dès lors, vous ne serez plus qu'un simple nom écrit sur une stèle, parmi tant d'autres.
Au cours des premiers mois, voire des premières années, qui vont suivre, votre tombe sera visitée fréquemment. Avec le temps, moins de gens viendront. Et après quelques dizaines d'années, plus personne ne viendra plus.
Entre-temps, les membres les plus proches de votre famille "vivront votre mort" d'une manière très différente; chez vous, votre chambre et votre lit seront laissés vides. Après l'enterrement, très peu d'affaires qui vous appartenaient resteront sur place: la plupart de vos effets vestimentaires seront en effet donnés à ceux qui en ont besoin. A l'état-civil, votre dossier sera détruit ou archivé. Durant les premières années, certains se souviendront de vous et regretteront de vous avoir perdu. Mais le temps qui passe va travailler en faveur de l'oubli, et quarante ou cinquante ans plus tard, pratiquement personne ne se souviendra de vous. Il ne se passera pas longtemps avant que toute votre génération ait disparu, remplacée par de nouvelles générations. Et d'ailleurs, que vous importe si on se souvient ou non de vous?
Et pendant que la routine du quotidien continuera sur terre, votre corps sous terre entamera un rapide processus de décomposition; les bactéries proliférant dans le cadavre à cause du manque d'oxygène entreront en action, et les gaz libérés par ces organismes vont enfler le corps, en commençant par l'abdomen, altérant sa forme et son apparence. De la mousse de sang va sortir par la bouche et le nez à cause de la pression des gaz sur le diaphragme. Le processus de corruption continuant, les cheveux, les ongles, la plante des pieds et la paume des mains vont tomber. En parallèle avec ce pourrissement extérieur, les organes internes tels que les poumons, le cœur et le foie vont aussi se dégrader. Mais le plus repoussant se produira dans l'abdomen dont la paroi, ne pouvant supporter longtemps la pression des gaz, va éclater soudainement, répandant une odeur pestilentielle. Les muscles vont se détacher de leur lieu d'attache habituel. La peau et les tissus minces vont complètement se désintégrer. Le cerveau va perdre toute consistance et il va prendre l'aspect de l'argile. Ce processus continuera jusqu'à ce que le corps entier se trouve réduit au squelette.
Le retour à l'ancienne vie est impossible; les réunions familiales, les rapports sociaux et la gestion de notre carrière appartiennent à jamais au passé.
En résumé, le "tas de chair et d'os" auquel nous attribuons une identité connaît donc une fin tout à fait désagréable. Par contre, vous ou plutôt votre âme quittera ce corps dès l'instant de votre dernier souffle. Le restant de votre corps reviendra, lui, à la terre.
Mais, en vérité, quelle est la raison pour laquelle "notre fin" se déroule-t-elle ainsi?
Si Dieu l'avait voulu, le corps ne se serait pas désintégré ainsi. Le pourrissement est en fait le vecteur d'un message très important.
La fin stupéfiante qui attend l'homme devrait lui faire prendre conscience qu'il n'est pas essentiellement un corps matériel, mais plutôt une âme enchâssée à l'intérieur d'un corps! En d'autres termes, l'homme doit reconnaître qu'il possède une existence au-delà de son corps. De plus, l'homme se devrait d'envisager lucidement la mort de son corps qu'il essaye à tout prix de conserver comme s'il devait demeurer éternellement dans ce monde temporel; son corps, qu'il élève sur un piédestal, pourrira et deviendra la proie des vers, jusqu'à ce que ne subsiste plus que le squelette. Et ce jour peut être très proche.
En dépit de toutes ces réalités, le processus mental de l'homme conduit celui-ci à dédaigner ce qu'il n'aime pas ou ce qu'il ne veut pas. Il est même enclin à nier l'existence des choses auxquelles il ne veut pas être confronté! Et cette tendance est paradoxalement encore plus accentuée quand la mort est en question. Seul un enterrement ou bien la disparition brutale d'un membre proche de la famille remet en tête cette vérité. Chacun d'entre nous envisage généralement la mort comme un phénomène éloigné et ne nous concernant pas. C'est presque comme si ceux qui meurent durant leur sommeil ou dans un accident étaient des gens différents de nous et que leur sort ne devait jamais nous concerner! Chacun raisonne en se convaincant qu'il est trop jeune pour mourir et qu'il convient de penser aux nombreuses années qui s'annoncent devant nous.
Et pourtant, les gens qui sont morts en allant à l'école ou en se pressant sur la route pour être à l'heure à un rendez-vous d'affaires devaient certainement penser la même chose. Ils n'envisageaient certainement pas que les journaux du lendemain publieraient un avis de décès les concernant. De même qu'il est fort probable que tout en lisant ces lignes, vous n'ayez pas le sentiment que tout pourrait s'arrêter pour vous peu après avoir achevé votre lecture, et d'ailleurs sans doute n'avez-vous jamais ressenti la proximité de la mort. Ce report à plus tard de l'échéance finale provient, sans que vous en ayez conscience, du fait que vous avez en tête une foule de projets à réaliser. Toutefois, il ne s'agit là que d'échappatoires et de vaines tentatives pour repousser cette question cruciale:

Dis: "Jamais la fuite ne vous sera utile si c'est la mort (sans combat), ou la mort dans le combat, que vous fuyez; dans ce cas vous ne jouirez (de la vie) que peu (de temps)." (Surat al-Ahzab: 16)

L'homme, qui a été créé seul, devrait prendre conscience qu'il mourra également seul.
Dans cette vie d'ici-bas, l'homme vit rivé à ses biens, son seul objectif étant le plus souvent d'en posséder sans cesse davantage. Pourtant, nul n'emporte ses biens avec lui dans la tombe. Le corps est en effet enveloppé dans un linceul de texture très sobre. Le corps arrive seul dans ce monde et il le quitte tout aussi seul. La seule chose qui l'accompagne dans la tombe, c'est sa foi ou au contraire son incroyance.

L’ATTRAIT DES BIENS DE CE MONDE

Tout au long de la vie, plusieurs gens se fixent des objectifs à atteindre: acquérir des biens, obtenir un meilleur statut social, se marier et fonder une famille sont parmi les buts les plus communément recherchés chez les êtres humains. Des efforts considérables sont déployés afin d'y parvenir. En dépit de la seule réalité incontournable qui est le vieillissement et l'extinction de toute chose, les gens ne peuvent se détacher de préoccupations purement matérielles. Pourtant une automobile toute neuve va rapidement se démoder, des terres généreuses vont devenir stériles à cause de facteurs naturels, une femme splendide va se décatir avec l'âge, et par-dessus chaque être humain sur cette terre va mourir, en abandonnant derrière lui tout ce qu'il possédait. Mais tous ces faits indéniables ne peuvent détourner l'homme d'une dévotion insondable à l'égard des biens de ce monde.
Ceux qui se cramponnent aveuglément à ces possessions illusoires se rendront compte qu'ils ont consumé leur existence à vouloir atteindre des objectifs purement virtuels. Une fois morts ils découvriront tout le ridicule de leur situation. Ce n'est malheureusement qu'à ce moment-là que le seul véritable objectif de cette vie-ci leur apparaîtra clairement, à savoir vivre en serviteur sincère de Dieu.
Dans le Coran, Dieu souligne avec force cet "attachement profond" au matériel dans le verset suivant:

On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent: les femmes, les enfants, l'or et l'argent thésaurisés, les chevaux remarquables, le bétail et les champs; tout cela est objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est auprès d'Allah que se trouve le meilleur. (Surat Ali-Imran: 14)

Toutes les préoccupations de cette vie-ci, la gestion des biens, les épouses, les enfants et le commerce, accaparent exagérément l'esprit des gens. Cependant, s'ils étaient conscients de la grandeur et de la puissance de Dieu, ils comprendraient bien vite que toutes les choses accordées à l'homme ne sont que des causes secondaires à travers lesquelles on doit s'efforcer d'obtenir Sa satisfaction. Ils comprendraient également que la préoccupation essentielle doit être de bien servir le Seigneur. Mais les ambitions matérielles sont aveuglantes, entravant tout raisonnement sain et entraînant une compréhension très limitée du passage ici-bas; ainsi "placent-ils la barre très haut" dans cette existence viciée.
Il est surprenant que l'homme oublie complètement l'Au-delà, qui est pourtant une résidence supérieure et éternelle aménagée pour lui, se satisfaisant uniquement d'ici-bas. Même pour quelqu'un n'ayant pas une foi complète, la "faible probabilité" d'un Au-delà devrait, au moins, lui faire adopter une attitude plus prudente.
Les croyants, par contre, sont eux convaincus qu'il ne s'agit pas d'une "possibilité", mais d'une réalité. C'est pourquoi ils s'efforcent d'éliminer de leur vie le moindre risque d'être envoyé en Enfer; leurs efforts sont entièrement tournés vers la recherche du Paradis. Ils savent pertinemment que l'amertume ressentie dans l'Au-delà après une vie passée à courir après des chimères sera grande. Ils sont bien conscients que les richesses accumulées, que ce soit dans les banques ou sous forme de voitures luxueuses ou de villas somptueuses, ne serviront pas de rançon pour échapper au châtiment éternel. Par ailleurs, ni la famille ni les amis les plus chers ne pourront les sauver. Chaque âme sera en effet responsable de ses actes passés. Et malgré tout cela, la majorité des gens peuvent affirmer que leur vie présente n'aura pas de prolongement, et c'est pourquoi ils "plongent à corps perdu" dans le présent immédiat. Dieu nous dit dans le verset suivant:

La course aux richesses vous distrait, jusqu'à ce que vous soyez dans la tombe. (Surat at-Takathur: 1-2)

Le caractère trompeur de l'attirance vers les mondanités constitue, sans nul doute, le secret de l'épreuve d'ici-bas. Dieu crée en effet pour l'homme tout un environnement fonctionnant de façon merveilleuse, mais toutes ces choses sont éminemment périssables; ceci pour faire réfléchir les gens et les inciter à comparer cet univers périssable à l'Au-delà. C'est le "secret" dont nous parlons. La vie présente peut être apparemment magnifique, le monde naturel étant par exemple haut en couleur et révélant sans cesse la gloire de la création de Dieu Tout-Puissant. Mener une vie agréable et jouir de multiples plaisirs est, sans nul doute, fort attirant et l'homme supplie Dieu de lui accorder beaucoup de facilités. Pourtant, cela ne doit pas constituer un objectif ultime, puisque la seule ambition qui importe est d'obtenir la satisfaction de Dieu et Son Paradis. L'homme doit donc toujours avoir en tête cette réalité tout en profitant des bienfaits mis à sa disposition. Dieu avertit l'homme à ce sujet dans le verset suivant:

Tout ce qui vous a été donné est la jouissance éphémère de la vie d'ici-bas et sa parure, alors que ce qui est auprès d'Allah est meilleur et plus durable… Ne comprenez-vous donc pas? (Surat al-Qasas: 60)

Cette avidité pour les choses matérielles est l'une des causes qui font oublier à certains l'Au-delà. Il y a aussi une autre chose dont il faut se souvenir: quel que soit le bien matériel en question, l'homme n'est jamais heureux très longtemps une fois qu'il est entré en possession de ce bien, et son désir est toujours relancé et aiguillonné; son "moi" en demande sans cesse davantage, exigeant plus et mieux. Ainsi l'être humain vit haletant, ne pouvant jouir d'un sentiment de plénitude et de sérénité dans ce monde.


Le vrai visage de la "richesse matérielle" dans cette vie

Certains gens pensent qu'ils sont en mesure d'améliorer leur vie à partir du moment où ils en prennent la décision. De plus, ils assimilent généralement une vie de grande qualité à des gains d'argent croissants, à un niveau de vie progressant sans cesse, à la présence autour de soi d'une famille heureuse, et à un statut social envié. Et pourtant, ceux qui se comportent ainsi sont clairement dans l'erreur, car dans leur lutte pour obtenir la paix dans cette vie-ci ils oublient l'Au-delà, ils ignorent qu'ils doivent se préoccuper de devenir de vrais serviteurs de Dieu et ils ne se montrent pas reconnaissants à Son égard.
Dieu informe l'homme du caractère insignifiant de ce monde-ci dans le Coran:

Sachez que la vie présente n'est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l'orgueil entre vous et une rivalité dans l'acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie: la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie; ensuite elle devient des débris. Et dans l'Au-delà il y a un dur châtiment [pour les mécréants], et aussi un pardon et un agrément de la part d'Allah [pour les croyants]. Et la vie présente n'est que jouissance trompeuse. (Surat al-Hadid: 20)

Considérer que l'Au-delà est une éventualité lointaine, ou même nier son existence, est l'erreur fondamentale de certaines personnes. Celles-ci s'imaginent qu'elles n'auront jamais à quitter leurs richesses. L'orgueil leur fait fuir l'obéissance à Dieu et tourner le dos à Sa promesse. Leur fin est relatée comme suit:

Ceux qui n'espèrent pas en Notre rencontre, qui sont satisfaits de la vie présente et s'y sentent en sécurité, et ceux qui sont inattentifs à Nos Signes, leur refuge sera le Feu, pour ce qu'ils acquéraient. (Surat Yunus: 7-8)

L'histoire nous fournit de nombreux exemples: rois, empereurs et pharaons pensaient atteindre l'immortalité par le biais de leurs fabuleuses richesses; la pensée qu'il existe quelque chose de plus valorisant que ces biens et la détention du pouvoir ne leur a même pas traversé l'esprit. Et pire encore, cette mentalité viciée a contaminé leurs peuples, qui furent fascinés par leur puissance sur cette terre. Cependant, tous ces incroyants se sont trouvés confrontés à une fin terrible. Dieu nous en informe dans le Coran:[

Pensent-ils que ce que Nous leur accordons en biens et en enfants [est une avance] que Nous Nous empressons de leur faire sur les biens [de la vie future]? Au contraire, ils n'en sont pas conscients. (Surat al-Mu'minun: 55-56)

Que leurs biens et leurs enfants ne t'émerveillent point! Allah ne veut par là que les châtier dans la vie présente, et que les voir rendre péniblement l'âme en état de mécréance. (Surat at-Tawbah: 55)

Ces gens-là ignorent un point crucial, à savoir que toutes les richesses appartiennent à Dieu qui répartit comme Il veut une partie de Ses biens illimités. En retour, l'homme se doit de montrer sa gratitude envers son Créateur et de Le servir loyalement. Personne ne peut empêcher Dieu de distribuer Ses biens, de même que nul ne peut acquérir du bien si Dieu ne le veut pas. C'est ainsi que Dieu met les humains à l'épreuve. Mais ceux qui oublient leur Créateur et le Jour du jugement ne se soucient pas de cela:

Allah étend largement Ses dons ou [les] restreint à qui Il veut. Ils se réjouissent de la vie sur terre, mais la vie d'ici-bas ne paraîtra que comme une jouissance éphémère en comparaison de l'Au-delà. (Surat ar-Ra'd: 26)


La richesse et le statut social en ce monde sont-ils importants?

Plusieurs gens croient qu'une vie parfaitement paisible est possible ici-bas. Cette mentalité suggère qu'on peut trouver le bonheur authentique et gagner le respect des autres en devenant riche. La même mentalité suppose aussi qu'une fois cette félicité atteinte, elle durera jusqu'à la fin des temps. Pourtant, la vérité est toute autre; l'homme ne pourra jamais réaliser la vie de ses rêves s'il oublie son Créateur et le Jour du jugement, car sans conscience de l'objectif suprême, il ne cesse de passer d'un objectif matériel à un autre, toujours insatisfait. Il n'est plus content de son nouvel appartement dès qu'il s'aperçoit que celui de son voisin est mieux décoré que le sien, ou si le style de son aménagement intérieur devient démodé du fait de l'évolution des goûts. Et il en est de même pour ce qui est de la garde-robe; toujours insatisfaits des vêtements et costumes qu'ils possèdent déjà, beaucoup de gens ne cessent de les renouveler. La psychologie des mécréants est clairement expliquée dans le verset suivant:

Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul, et à qui J'ai donné des biens abondants, et des enfants qui lui tiennent toujours compagnie, pour qui aussi J'ai aplani toutes difficultés. Cependant il convoite [de Moi] que Je lui donne davantage. (Surat al-Muddaththir: 11-15)

Celui qui est doué de raison et de compréhension ne pourra que reconnaître que les gens possédant de vastes demeures et de riches garde-robes ne peuvent vraiment jouir que d'une partie seulement de leurs biens; même si vous possédiez la plus grande maison au monde, pourriez-vous apprécier le confort de chaque chambre en même temps? Et si vous possédiez la plus grande garde-robe, combien de costumes pourriez-vous porter chaque jour? Et pour la nourriture, ce serait d'ailleurs la même chose: face à un repas très abondant et extrêmement diversifié, votre estomac ne tolérerait qu'un petit peu de chaque plat; sinon le résultat serait une torture pour votre corps et non un plaisir.
La liste d'exemples semblables pourrait être longue, mais ce qu'il faut retenir c'est que l'homme ne dispose que d'un temps assez court pour profiter de ses richesses. Certains gens aisés vivent aveuglés par leurs possessions, n'étant presque pas conscients qu'ils se dirigent inexorablement vers leur fin, comme les autres, et le verset suivant rappelle cette attitude:

Il pense que sa fortune le rendra immortel! (Surat al-Humazah: 3)

Ils sont si fascinés par leur richesse que lorsqu'ils se trouveront confrontés à l'échéance terrible du Jour du jugement, ils souhaiteront à tout prix échapper au châtiment en déclarant vouloir se racheter par le don de tous leurs biens:

… Le malfaisant aimerait pouvoir se racheter du châtiment de ce jour, en livrant ses enfants, sa compagne, son frère, même son clan qui le protégeait, et tout ce qui est sur la terre, tout ce qui pourrait le sauver. Mais rien [ne le sauvera]. [L'Enfer] est un brasier. (Surat al-Ma'arij: 11-15)

Heureusement, certains hommes sont bien conscients que la richesse et la prospérité sont sous le contrôle de Dieu. Ils savent donc que le statut et le rang au sein de la société sont des notions ridicules. Et eux seuls comprennent vraiment que les biens matériels ne les sauveront pas dans l'Au-delà. Ils ne se lancent donc pas dans la vaine course au "toujours plus" dans cette vie. Ces gens modestes ne sauraient être arrogants. Ils se montrent reconnaissants envers Dieu pour tout ce qu'Il leur accorde car ils n'oublient jamais Son existence. En retour pour un tel comportement, Dieu leur promet une vie honorable et confortable. Les serviteurs de Dieu, centrant leur vie sur la dévotion à leur Seigneur, ne se trompent pas sur la nature des biens d'ici-bas, qui apparaissent à leurs yeux sans valeur par rapport au bien éternel du Paradis. L'éventuelle richesse ne leur fait pas tourner la tête et, au contraire, elle les rend encore plus reconnaissants et proches de Dieu. Ils accordent à chacun son dû et consacrent à chaque aspect de la vie l'importance qu'il mérite. Ils s'efforcent d'obtenir l'agrément de Dieu à l'aide de ce qu'Il leur accorde. Plutôt que de s'investir dans la matérialité, ils se concentrent sur l'acquisition des valeurs coraniques qu'ils se doivent d'honorer, conscients que c'est sur leur fidélité à l'Islam qu'ils obtiendront leur statut auprès de leur Seigneur.
L'ignorance quant au rôle réel des biens de ce monde plonge les gens dans l'oubli du caractère éphèmere de la possession de ces biens, correspondant à une période de 60 ou 70 ans en général; car après cette courte vie ils laisseront derrière eux leurs demeures, voitures et enfants, alors qu'auparavant ils n'auront jamais sérieusement réfléchi à leur solitude dans la tombe. Ils auront ainsi sans cesse couru en pure perte en quête d'une aisance maximale.
Et par ailleurs, ceux qui savourent la richesse en oubliant leur Créateur connaissent l'amertume dès cette vie-ci avant de s'exposer à celle de l'Au-delà:

Ceux qui ne croient pas, ni leurs biens ni leurs enfants ne les mettront aucunement à l'abri de la punition d'Allah. Ils seront du combustible pour le Feu. (Surat Ali-Imran: 10)

Le Coran proclame l'anéantissement de ceux qui font preuve d'une insatiable soif de richesses:

Celui qui amasse une fortune et la compte, pensant que sa fortune l'immortalisera. Mais non! Il sera certes jeté dans la Houtamah. Mais qui te dira ce qu'est la Houtamah? C'est le Feu attisé d'Allah, qui monte jusqu'aux cœurs. Il se refermera sur eux, en colonnes (de flammes) étendues. (Surat al-Humazah: 2-9)

La vraie richesse appartient à ces croyants qui, intérieurement, ne font jamais preuve d'attachement pour les possessions de ce monde et qui croient vraiment que seul Dieu peut tout accorder à l'être humain. Ce sont eux les riches de ce monde, car ils ne limitent pas leur vie à seulement 50 ou 60 ans. Les croyants se lancent dans le meilleur commerce qui soit, en troquant cette vie contre le Paradis. Ils préfèrent le permanent au temporaire. Dieu nous en informe dans le verset suivant:

Certes Allah a acheté aux croyants leurs propres personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d'Allah: ils tuent et ils se font tuer. C'est une promesse authentique qu'Il a prise sur Lui-même dans la Torah, l'Evangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu'Allah à son engagement? Réjouissez-vous donc de l'échange que vous avez fait. Et c'est là le très grand succès. (Surat at-Tawbah: 111)

Ceux qui méprisent ces réalités et qui se cramponnent à l'illusoire comprendront bientôt qui se trouve engagé sur la bonne voie.
Le mariage

Le mariage est généralement considéré comme un tournant dans la vie de l'être humain, nombreux rêvant de rencontrer le partenaire de sa vie. Une "bonne alliance" est l'un des objectifs-clés des jeunes, qui sont souvent "endoctrinés" à ce sujet. Cependant, les relations hommes-femmes reposent sur des bases malsaines dans les sociétés ignorantes, à savoir les sociétés qui n'ont pas accepté de mettre en pratique le mode de vie coranique: les "amitiés", par lesquelles les deux sexes ne recherchent qu'une satisfaction émotionnelle, ne sont que des relations purement romantiques. En vérité, les mariages sont le plus souvent fondés sur des bénéfices matériels mutuels; ainsi, nombreuses sont les femmes qui espèrent trouver un homme aisé qui leur garantira un niveau de vie élevé, quitte à devoir cohabiter avec quelqu'un pour lequel elles ne ressentent aucune affection. De leur côté, les hommes recherchent une femme ayant un "look" très agréable.
Les motivations des sociétés ignorantes dans ce domaine négligent un point crucial: ces considérations matérialistes sont finalement appelées à périr; Dieu peut reprendre la fortune d'un homme en un instant. De même, un joli visage peut se perdre par un accident de la vie quotidienne. De toute façon, le temps qui passe procure par la vieillesse des dommages irréversibles infligés à notre santé, à notre force et à notre beauté. Quelles seront donc, dans un système matérialiste, les conséquences de ces circonstances imprévisibles? Par exemple, pensez au cas d'un homme qui a épousé une femme uniquement parce qu'il était impressionné par sa beauté; comment réagira-t-il si un accident lui occasionne des séquelles esthétiques? Et même si aucun accident ne survient, la quittera-t-il dès l'apparition des premières rides? Les réponses à ces interrogations révèlent sans nul doute les fondements déraisonnables de la pensée matérialiste.
Un mariage devient précieux lorsqu'il a pour seul objectif la satisfaction de Dieu. Sinon, il devient un fardeau dans ce monde-ci et dans l'autre. Et si rien ne se produit ici-bas, l'homme comprendra dans l'Au-delà qu'il s'est fourvoyé s'il avait un autre objectif en se mariant. Mais alors il sera trop tard; le Jour du jugement, il souhaitera que sa femme l'aide à obtenir son propre salut. Mais la terreur de ce jour rendra caduques toutes les relations entretenues dans ce monde. Dieu évoque les relations entre proches parents le Jour du jugement dans le verset suivant:

... Le malfaisant aimerait pouvoir se racheter du châtiment de ce jour, en livrant ses enfants, sa compagne, son frère, même son clan qui le protégeait. (Surat al-Ma'arij: 11-13)

Il ressort de ces versets que les gens n'accorderont aucune attention à leurs conjoints, amis, frères ou sœurs le Jour du jugement. Dans leurs efforts désespérés pour obtenir leur salut, ils seraient prêts à utiliser leurs proches comme rançon si cela leur permettait d'échapper au châtiment. De plus, ils se maudiront mutuellement pour ne s'être pas mis en garde les uns les autres contre une fin si terrible. Le Coran mentionne le cas d'Abu Lahab et de sa femme, qui tous deux ont mérité le Feu éternel:

Que périssent les deux mains d'Abu Lahab, et que lui-même périsse! Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes, de même que sa femme, la porteuse de bois épineux, qui aura à son cou une corde de fibres. (Surat al-Masad: 1-5)

Le mariage acceptable aux yeux de Dieu est, par contre, fondé sur des critères totalement différents: seule la recherche de Sa satisfaction est un motif valable, et non un quelconque profit matériel ou physique. Pour les croyants, seule compte la taqwa, à savoir le fait d'éviter tout ce qui est interdit par Dieu et d'accomplir tout ce qu'Il a commandé, par crainte de Lui. Les époux trouveront la paix et le bonheur dans un tel mariage, comme le précise le verset suivant:

Et parmi Ses Signes il y a le fait qu'Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l'affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. (Surat ar-Rum: 21)

Avec la taqwa comme seul lien, les époux peuvent envisager avec sérénité l'Au-delà. Comme ils s'exhortent mutuellement à la piété et dirigent leur vie dans le sens voulu par Dieu, il est probable qu'ils se côtoieront dans l'éternité. Leurs relations dans cette vie sont ainsi évoquées dans le Coran:

Les croyants et les croyantes sont les alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le blâmable, ils accomplissent la prière, s'acquittent de l'aumône légale et obéissent à Allah et à Son Messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Tout-Puissant et Sage. (Surat at-Tawbah: 71)


Les enfants

Une préoccupation majeure de l'être humain est de laisser derrière lui des fils qui perpétueront son nom dans le futur. Cependant, si l'intention de plaire à Dieu est absente, cette ambition risque fort de devenir un facteur de déviation de l'homme. Une personne est éprouvée dans ses enfants aussi; dans ce sens, ce qui est attendu de l'être humain, c'est qu'il élève ses enfants d'une manière qui satisfera Dieu:

Vos biens et vos enfants ne sont qu'une épreuve, alors qu'auprès d'Allah il y a une énorme récompense. (Surat at-Taghabun: 15)

Dans le verset, l'usage du mot "épreuve" revêt une grande signification. Pour certains gens, avoir des enfants constitue l'un des buts majeurs de leur existence. Toutefois, pour l'Islam, un croyant ne souhaite avoir une progéniture qu'afin de satisfaire Dieu. Sinon, le désir d'avoir un enfant pour le seul motif de satisfaire son ego devient une source de shirk. L'exemple de ceux qui oublient leur vrai rôle sur terre et qui font de l'obtention d'une progéniture "le but suprême de l'existence" est évoqué dans le Coran:

C'est Lui qui vous a créés d'un seul être, dont il a tiré son épouse, pour qu'il trouve de la tranquillité auprès d'elle; et lorsque celui-ci eut cohabité avec elle, elle conçut une légère grossesse, avec laquelle elle se déplaçait (facilement). Puis lorsqu'elle se trouva alourdie, tous deux invoquèrent leur Seigneur: "Si Tu nous donnes un (enfant) sain, nous serons certainement du nombre des reconnaissants." Puis lorsqu'Il leur eut donné un (enfant) sain, ils assignèrent à Allah des associés en ce qu'Il leur avait donné. Mais Allah est bien au-dessus des associés qu'on Lui assigne. Est-ce qu'ils assignent comme associés ceux qui ne créent rien et qui eux-mêmes sont créés? (Surat al-A'raf: 189-191)

Parmi les croyants, les prophètes cités dans le Coran avaient comme seule intention de contenter Dieu, et l'exemple de la femme de Imran est à cet égard très éloquent:

Rappelle quand la femme de Imran dit: "Ô mon Seigneur, je T'ai voué en toute exclusivité cet enfant qui est dans mon ventre; accepte-le donc de moi. C'est Toi l'Audient et l'Omniscient." (Surat Ali-Imran: 35)
L'invocation du Prophète Ibrahim (que la paix soit sur lui) est aussi un puissant exemple pour les croyants:

Notre Seigneur! Fais de nous des gens soumis à Ta volonté, et de notre descendance une communauté soumise à Toi! Et enseigne-nous les rites du pèlerinage à accomplir, et accepte notre repentir; car c'est Toi certes l'Accueillant au repentir, le Très-Miséricordieux. (Surat al-Baqarah: 128)

Selon ce verset, le désir d'enfants est un acte d'adoration de Dieu si l'intention de Lui plaire est présente. Mais s'il y a absence d'une telle intention, les conséquences peuvent être néfastes déjà dans cette vie, sans parler de l'Au-delà. Les croyants savent bien que leurs enfants sont un dépôt de la part de Dieu; par conséquent ils ne tirent aucune fierté personnelle si l'un de leurs enfants est beau ou intelligent, conscients que c'est Dieu qui a doté cet enfant avec des caractéristiques si avantageuses. Un accès de fierté serait véritablement de la mécréance.
Obtenir une progéniture uniquement pour flatter son ego aura des conséquences fâcheuses le Jour du jugement, quand l'homme mécréant voudra se racheter: pour cela il ignorera tout lien avec quiconque, et déclarera vouloir offrir ses fils, sa femme et ses autres parents comme rançon, mais ce sera en vain.
En fait les enfants élevés dans un contexte d'ignorance causent déjà des soucis à leur famille dès cette vie-ci. En effet, toutes les contraintes liées à la venue d'un enfant sont vécues comme des fardeaux difficiles à gérer si l'enfant n'a pas été voulu pour plaire à Dieu. Dès le début de la grossesse, la maman doit changer son style de vie, devant réarranger ses priorités. Les besoins de son futur enfant deviennent prioritaires, et ainsi va-t-elle revoir sa façon de manger et de dormir. Puis vers la fin de la grossesse, les tâches quotidiennes et même les mouvements du corps les plus simples deviennent impossibles. Pourtant, les principales difficultés surgissent après la naissance; la mère va devoir prodiguer les plus grands soins à son bébé, qui ne laissera que très peu de temps à sa mère pour ses besoins et préoccupations personnels. Donc la mère va désirer que son nouveau-né grandisse suffisamment pour qu'elle puisse avoir "plus de temps à elle". Entre-temps, la mère ne se rend pas compte comment les années passent vite. Par contre, si la mère ne désire que la satisfaction de Dieu, un tel laps de temps sera considéré comme un acte d'adoration à l'égard de son Seigneur. Pour les mécréants, cependant, cette période difficile peut devenir une pure perte de temps.
Dans une société ignorante, les parents sont souvent déçus lorsqu'ils élèvent leurs enfants; ceux-ci développent généralement une mentalité individualiste et égocentrique. Soumis à leurs pulsions égoïstes, il est possible qu'ils ne servent leurs parents que s'ils peuvent escompter en retour un profit matériel pour eux-mêmes. Les parents ne deviennent conscients de cela qu'une fois proches de la vieillesse, alors que dans leurs premières années en tant que parents, ils s'imaginaient que ces enfants seraient présents à leurs côtés en cas de difficultés, comme de véritables "bâtons de vieillesse"; mais le plus souvent, la seule issue pour eux est de finir leurs jours dans une maison de retraite.
Dieu fournit à l'homme dans le Coran un cadre à l'intérieur duquel il doit agir en tant que croyant, notamment à l'égard de ses parents. Dieu exige le respect et la miséricorde envers père et mère, surtout lorsque ceux-ci sont frappés par l'âge:

Et ton Seigneur a décrété: "N'adorez que Lui; et faites preuve de bonté envers père et mère: si l'un d'eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: 'Ouf!' et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l'aile de l'humilité et dis: "Ô mon Seigneur, fais-leur miséricorde comme ils m'ont élevé alors que j'étais tout petit." (Surat al-Isra: 23-24)

Comme il ressort de ces versets, il est hautement valorisant pour les croyants d'élever leur enfant à la lumière des valeurs coraniques; tandis que les incroyants qui élèvent leurs enfants en les obligeant à adopter la mentalité ignorante environnante n'agissent qu'en pure perte pour ce monde et pour l'autre. De plus, les croyants qui font des efforts d'éducation dans la voie de Dieu obtiennent Son agrément même si l'enfant rejette le point de vue islamique; les parents doivent seulement effectuer le travail nécessaire et ensuite s'en remettre à Dieu. Et en-dehors de Dieu, les gens n'ont ni protecteur ni soutien.
Ceux qui fondent tous leurs espoirs uniquement dans leurs enfants ne recevront rien ni dans ce monde ni dans l'autre:

Puis quand viendra le Fracas, le jour où l'homme fuira son frère, sa mère, son père, sa compagne et ses enfants; car chacun d'eux, ce jour-là, aura son propre cas pour l'occuper. (Surat Abasa: 33-37).

Comme il a été spécifié plus haut dans le présent livre, l'homme n'est créé que pour servir son Créateur. Tout ce qui l'entoure n'est qu'un ensemble d'épreuves destinées à le tester. Après la mort, l'homme sera jugé sur ses actes, et les actes selon leur intention; en retour, l'homme accédera au Paradis ou bien à l'Enfer. En résumé la richesse, la beauté ou les fils n'ont pas de valeur, alors que la taqwa, ou crainte de Dieu, est primordiale:

Ni vos biens ni vos enfants ne vous rapprocheront de Nous. Sauf celui qui croit et œuvre dans le bien. Ceux-là auront une double récompense pour ce qu'ils œuvraient, tandis qu'ils seront en sécurité, aux étages supérieurs (du Paradis). (Surat Saba: 37)

Quant à ceux qui ne croient pas, ni leurs biens ni leurs enfants ne pourront jamais leur servir contre la punition d'Allah. Et ce seront les gens du Feu: ils y demeureront éternellement. (Surat Ali-Imran: 116)

Ni leurs biens ni leurs enfants ne leur seront d'aucune utilité contre le châtiment d'Allah. Ce sont les gens du Feu, où ils demeureront éternellement. (Surat al-Mujadalah: 17)

Desatres et cataclysmes naturels

Le monde d'ici-bas est tout sauf un havre de sérénité et de paix. Nous y sommes en effet tous vulnérables et potentiellement en péril face à de multiples menaces naturelles, pouvant provenir de la terre comme du ciel. De l'espace pleuvent en direction de la Terre des pluies de météorites et des astéroïdes, tandis que le cœur de notre Terre, d'apparence si solide, est un ensemble d'éléments en fusion. Et il ne serait pas exagéré de comparer cette partie de la Terre, qui demeure invisible à nos yeux, à un noyau de feu. D'autre part, tout autour de la Terre il y a une atmosphère, véritable bouclier nous protégeant des menaces extérieures, et pourtant aucune région dans le monde n'est à l'abri des effets des forces atmosphériques telles que les orages, les tempêtes ou les ouragans.
Les cataclysmes naturels peuvent nous frapper à tout moment. Ils sont à l'origine de pertes humaines et de dégâts considérables. Ces événements varient en intensité et leurs effets peuvent être bien différents, qu'il s'agisse des tremblements de terre, de la foudre, des crues soudaines, des feux de forêts, des pluies acides et des raz-de-marée. Mais ce qu'ils ont en commun, c'est qu'en quelques instants ils peuvent réduire à néant une cité et tous ses habitants. Et ce qui est le plus important, c'est qu'aucun être humain n'a le pouvoir de combattre ou d'empêcher la survenue de ces catastrophes.
Des destructions massives constituent le lot de tous les cataclysmes dans le monde. Toutefois, chaque catastrophe n'affecte qu'une région particulière de la terre, grâce à un équilibre délicat de la nature qui est une création de Dieu Tout-Puissant. Une protection significative existe pour tous les êtres vivants, mais l'éventualité d'un désastre naturel dévastateur est sans cesse présente en dépit de cette protection. Dieu crée ces problèmes pour nous montrer à quel point nos constructions humaines peuvent être peu sûres. Ces crises de la nature sont là pour nous rappeler que nous ne contrôlons rien sur terre, de même qu'elles sont un rappel de nos faiblesses en tant qu'êtres humains. Ce sont sans nul doute des avertissements pour ceux qui sont capables de réfléchir et de méditer sur ces événements, et de tirer des leçons de l'expérience des autres.
Quelles autres leçons l'homme devrait-il tirer de ces cataclysmes?
Ce monde a été créé spécialement pour l'homme, et sa raison d'être est exposée dans le verset suivant:

Et c'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours, tandis que Son Trône était sur l'eau, afin d'éprouver lequel de vous agirait le mieux… (Surat Hud: 7)

Le cadre dans lequel cette épreuve se déroule est tout à fait élaboré, dans ses moindres détails, et chaque événement qui se produit est une composante de ce cadre. Par ailleurs, aucun de ces événements ne se produit au hasard; en effet, tous ont une explication scientifique. Par exemple, la force gravitationnelle exercée par la Terre explique pourquoi nous ne sommes pas projetés dans l'espace; la pluie tombe lorsque la vapeur d'eau atteint un certain niveau de saturation. La même causalité est également valable pour la mort, les accidents ou les maladies. De nombreuses explications peuvent être avancées, pour expliquer un accident, une maladie ou un décès. Cependant, ce qui importe ce n'est pas le nombre de ces causes, mais c'est plutôt la fiabilité et l'exactitude du système sur lequel reposent ces causes. Un aspect de ce système est particulièrement important: c'est que chaque "incident" se produit d'une façon que l'esprit humain peut complètement comprendre. Dieu avertit l'homme par le biais de catastrophes naturelles. Ceux qui sont inconscients des rappels de Dieu sont prompts à expliquer de tels désastres comme étant de soi-disant phénomènes naturels, et ils ne saisissent pas leur véritable signification. Réfléchissons un instant: quel serait le sens d'un tremblement de terre si seuls ceux qui sont coupables devant Dieu mouraient en cette circonstance? Dans ce cas, en effet, le fondement de l'épreuve pour l'humanité ne serait pas établi. C'est pourquoi Dieu crée chaque phénomène dans un cadre "naturel". Seuls ceux qui sont conscients de l'existence de Dieu et qui méditent profondément sur Sa création parviennent à comprendre le dessein divin derrière l'apparence naturelle.
Dans le verset, "Toute âme doit goûter à la mort. Nous vous éprouverons par le mal et par le bien [à titre] de tentation. Et c'est à Nous que vous serez ramenés." (Surat al-Anbiya: 35), Dieu précise qu'Il éprouve l'être humain par des circonstances heureuses tout comme par des circonstances douloureuses.

Le fait que les victimes d'un désastre soient nombreuses doit nous amener à nous interroger sur cette épreuve, et il ne faut pas perdre de vue que, concernant les êtres humains, "… il sera jugé entre eux en toute équité…" (Surat az-Zumar: 75).

Tous les événements survenant dans la vie d'une personne sont des parties d'une épreuve générale. Les croyants sincères comprennent et acceptent ce qui leur arrive; si un malheur les touche, ils se tournent uniquement vers Dieu et se repentent. Ils sont serviteurs de Dieu et connaissent bien Sa promesse:

Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution des biens, des personnes et des fruits de votre travail. Et annonce la bonne nouvelle aux patients, qui disent quand un malheur les atteint: "Certes nous appartenons à Allah et à Lui nous retournerons." Ceux-là reçoivent des bénédictions de la part de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les bien-guidés." (Surat al-Baqarah: 155-157)

Comme il est dit dans ces versets, tous les humains sont éprouvés de diverses manières: quelquefois il s'agit d'un cataclysme, d'autres fois il s'agira d'un événement survenant dans notre vie quotidienne, une maladie ou un accident par exemple. Les épreuves affectent les individus comme les sociétés, occasionnant des pertes matérielles et une souffrance spirituelle. Un homme aisé peut subir une faillite, une fille splendide peut être sérieusement blessée au visage, ou encore une cité peut être réduite à un amas de décombres par un tremblement de terre. Ceci démontre bien comment à tout moment nos vies peuvent être bouleversées.
Les gens devraient être capables de tirer des leçons de ces événements. Sans nul doute, Dieu crée tout avec raison; chaque désastre est ainsi un rappel aux humains, dont le sens caché est d'être un avertissement en vue de préserver l'espèce humaine de la perversité dans laquelle elle est trop souvent plongée. Dans le Coran, Dieu dit que, sans Son autorisation, rien ne peut se produire sur terre:

Nul malheur n'atteint [l'homme] que par la permission d'Allah. Et quiconque croit en Allah, [Allah] guide son cœur. Allah est Omniscient. (Surat at-Taghabun: 11)

Personne ne peut mourir que par la permission d'Allah, et au moment prédéterminé. A quiconque veut la récompense ici-bas, Nous lui en donnons. Et à quiconque veut la récompense de l'Au-delà, Nous lui en donnons, et Nous récompenserons bientôt les reconnaissants. (Surat Ali-Imran: 145)
Une autre leçon à tirer des cataclysmes est que l'homme, convaincu d'être puissant sur terre, prend subitement conscience en de telles occasions qu'il est en réalité bien faible et incapable d'empêcher de telles épreuves de survenir, qui se produisent soudainement de par la volonté de Dieu. L'homme ne peut alors ni se secourir lui-même ni secourir les autres. Dieu est certes Omnipotent, comme en témoigne le verset suivant:

Et si Allah fait qu'un malheur te touche, nul autre que Lui ne peut l'enlever. Et s'Il fait qu'un bonheur te touche, c'est qu'Il est Omnipotent. (Surat al-An'am: 17)

Dans la suite de ce chapitre, un compte-rendu exhaustif des types de désastres pouvant frapper la terre sera donné. L'objectif est de rappeler que ce monde ne doit pas faire l'objet d'une affection aveugle. Ces incidents doivent nous faire sentir à quel point nous avons besoin de la guidance et du secours de Dieu. Ce cruel besoin est un aveu de notre impuissance face à Dieu. Comme le stipule le verset suivant:

… et il n'y a pour vous, en dehors d'Allah, ni protecteur ni secoureur. (Surat al-Ankabut: 22)


Les tremblements de terre

Les tremblements de terre sont les phénomènes naturels les plus dévastateurs. Ce sont en ces circonstances que les pertes humaines sont les plus sévères. Les investigations scientifiques ont montré que toutes les deux minutes la terre craque quelque part dans le monde. Selon les statistiques, la terre connaît des millions de tremblements par an. En moyenne, l'intensité de trois cent mille d'entre eux est mineure; il s'agit de secousses imperceptibles, qui ne causent aucune destruction. Une vingtaine d'autres, par contre, constituent de violentes convulsions de l'écorce terrestre. Mais puisqu'ils touchent bien souvent des zones faiblement peuplées, ils ne tuent que peu de gens et n'occasionnent que de faibles dégâts économiques. Seuls cinq d'entre eux réduisent à néant des immeubles.
Ces informations montrent que les gens sont peu souvent confrontés à des tremblements de terre. Sans nul doute, il s'agit là d'une protection spéciale de la part de Dieu accordée à l'espèce humaine.
Seule une ville ou une province est sujette à un tremblement de terre, et pourtant, si Dieu le voulait, un tremblement de terre affectant l'ensemble de la planète pourrait survenir d'un instant à l'autre. Un tel tremblement anéantirait d'ailleurs la vie sur Terre. La structure interne de la Terre est très vulnérable aux secousses, et un brusque mouvement de matière dans l'écorce ou dans le manteau supérieur rendrait inévitable cette catastrophe.
Un tremblement de terre n'a aucune relation avec le type de sol qui amplifie les effets des ondes sismiques le traversant. Par la volonté de Dieu, un tremblement de terre peut se déclencher à tout moment. Toutefois, Dieu crée spécialement une insécurité et une instabilité dans certaines parties du monde, et ce afin de rappeler aux humains qu'un incident inattendu peut soudainement mettre leurs vies en danger. Dans le Coran, Il avertit les gens contre une possible calamité:

Ceux qui tramaient des méfaits sont-ils à l'abri de ce qu'Allah les engloutisse en terre ou que leur vienne le châtiment d'où ils ne s'attendaient pas? Ou bien qu'Il les saisisse en pleine activité sans qu'ils puissent s'échapper? Ou bien qu'Il les saisisse en plein effroi? Mais, vraiment, votre Seigneur est Compatissant et Très-Miséricordieux. (Surat an-Nahl: 45-47)

Ces cataclysmes qui secouent la terre peuvent durer quelques secondes tout comme quelques heures voire même des jours; et une région peut être de nouveau frappée alors qu'elle panse ses plaies suite à une précédente secousse. Ceci est certes chose facile pour Dieu. Pourtant, par Sa miséricorde, Dieu protège l'homme et Il lui rappelle, par le biais de tels désastres, qu'il ne contrôle aucun aspect de sa vie.
A ce niveau de l'exposé, il pourrait être bénéfique de se remettre en mémoire un tremblement de terre majeur qui s'est produit à la fin du 20ème siècle.


La technologie mise en échec: le cas de Kobé

Le haut niveau de la science et de la technologie actuelles inspire à l'homme le sentiment qu'il maîtrise désormais la nature. Cependant, ceux qui sont ainsi subjugués pourraient bien se trouver déstabilisés d'ici peu. La technologie n'est, après tout, qu'un outil placé entre les mains de l'homme par Dieu, et il demeure entièrement sous Son contrôle. Divers événements ont bel et bien démontré l'impuissance de la technologie la plus avancée à réguler les phénomènes naturels.
Par exemple, en dépit de la technologie résistante aux tremblements de terre élaborée par les scientifiques japonais, la ville de Kobé a été victime d'une catastrophe de grande ampleur suite à vingt secondes d'intenses ondes de choc lors du tremblement de terre de 1995. Les soi-disant structures dernier cri utilisées pour prévenir les effets d'une secousse intense se sont tout simplement effondrées durant ce bref tremblement de magnitude 6,9 sur l'échelle de Richter. Durant les trente années précédentes, le gouvernement japonais avait investi 40 milliards de dollars dans la recherche visant à développer des systèmes d'alerte anti-sismiques; mais ces efforts considérables se sont révélés être vains. Même en ce début de troisième millénaire, les scientifiques sont toujours désarmés dans le domaine de la pré-détermination de ces catastrophes, qui permettrait d'en réduire les effets ravageurs. Le cas de Kobé est venu prouver à quel point une cité moderne, industrialisée, peut être vulnérable face à des secousses soudaines.
Un intense travail de communication avait fini par rassurer le peuple de Kobe sur le fait que la technologie de pointe développée pour prédire les tremblements de terre les sauverait d'une destruction complète. Le désastre de Kobé est venu apporter un démenti cruel à cette attitude suffisante. Et par ailleurs, aucune structure réputée anti-sismique n'a tenu face à la secousse dont l'épicentre était pourtant situé à plus de vingt kilomètres au sud-ouest de Kobé.
La région affectée par le tremblement de terre comprenait également la ville très peuplée d'Osaka. C'est pourquoi le bilan fut très lourd: 5.200 morts et plus de 300.000 blessés. Le préjudice matériel fut estimé à plus de 200 milliards de dollars.3
Il y a certainement des leçons à tirer d'un événement aussi funeste; des citadins, confortablement installés dans leurs appartements, ont été brutalement confrontés à de multiples difficultés après la catastrophe. En état de choc, ils ne parvenaient pas à comprendre ce qui venait de se passer, et ils étaient encore moins capables d'envisager désormais un avenir.
Typhons, ouragans, tornades

Les typhons, les ouragans et les tornades sont des désastres naturels éprouvant fréquemment les êtres humains. Ils raflent plusieurs milliers de vies chaque année. Il s'agit de vents très violents, pouvant causer de gros dommages aux habitations, tuant ou blessant leurs habitants, précipitant au sol des milliers d'arbres, de cabanes, de poteaux téléphoniques, retournant des voitures et même charriant des immeubles sur des kilomètres.
Les grands typhons engendrent des vagues gigantesques prenant naissance profondément dans la mer, et certaines d'entre elles peuvent déferler vers les côtes à des vitesses de plusieurs centaines de kilomètres-heure. Des régions côtières vont être ainsi frappées, et cette eau ajoutée à celle provenant de pluies abondantes va provoquer des inondations, notamment dans les deltas.
De telles forces obtenues par l'intermédiaire de vents d'orages déchaînés, contrastant tellement avec les brises légères qui sont si communément observables, ne peuvent que nous faire nous interroger sur le grand pouvoir capable de déclencher cela. Une fois encore, nous pouvons répéter ce qui a été dit à propos des tremblements de terre concernant le sens de ces événements spectaculaires: si Dieu le voulait, les hommes seraient fréquemment confrontés à ces cataclysmes; et en pleine convalescence suite à l'un d'entre eux, ils pourraient être frappés de nouveau. Dans le Coran, Dieu rappelle à l'homme que les vents sont sous son contrôle:

Etes-vous prémunis contre un engloutissement en terre décidé par Celui qui est au-dessus du ciel? Et voici qu'elle tremble! Ou êtes-vous prémunis contre l'envoi d'un ouragan de pierres par Celui qui est au-dessus du ciel? Vous saurez ainsi quel fut mon avertissement. En effet, ceux qui les avaient précédés avaient crié au mensonge. Quelle fut alors Ma réprobation! (Surat al-Mulk: 16-18)

Cependant, Dieu protège l'homme contre les accidents naturels, et Il ne permet qu'occasionnellement le déchaînement d'orages violents. C'est sûrement pour adresser à l'homme un avertissement. L'intention sous-jacente est de faire réfléchir l'homme, lui rappelant ainsi que son but ultime dans cette vie doit être de servir Dieu, qu'il est impuissant contre la puissance de son Seigneur et qu'il sera interrogé le Jour du jugement.


Les volcans

Les éruptions volcaniques sont une autre forme impressionnante de catastrophe naturelle. Il existe aujourd'hui environ 1.500 volcans actifs dans le monde. 550 d'entre eux sont implantés sur terre et les autres sont des volcans sous-marins.4 Ces volcans peuvent entrer en éruption à tout moment et de façon extrêmement destructrice sans qu'aucune anticipation n'ait été possible. Une éruption peut tuer les habitants des villes et villages aux alentours, détruire les récoltes et recouvrir de cendres les terres fertiles.
Certaines éruptions célèbres ont laissé des traces indélébiles dans l'esprit des gens, en particulier parce qu'elles ont rayé de la carte des cités entières et anéanti plusieurs communautés.
Des leçons sont à tirer de ces coups terribles; par exemple, le Mont Vésuve en Italie a enseveli Pompéi, une ville dont les habitants étaient connus partout pour leur débauche, sous un déferlement de lave brûlante. Il est frappant de constater que 20.000 habitants ont ainsi été engloutis sous ces "bombes volcaniques" en un seul jour, le 24 août 79 de l'ère chrétienne.
Même de nos jours, le sommeil apparent de certains volcans peut s'interrompre brusquement et il s'ensuivra un jaillissement de lave et de roches en fusion, combiné à des nuages de cendre s'élevant à des centaines de mètres dans le ciel. Tandis que la lave bouillante détruira tout sur son passage, les nuages chargés de gaz et de cendres seront transportés par les vents au-dessus de zones peuplées, occasionnant des incendies et engloutissant des cités entières.
L'un des plus graves désastres de l'histoire de l'humanité se produisit en 1883 lorsque le Krakatau, un volcan indonésien, connut brutalement une éruption explosive, générant une déflagration qui fut entendue à plus de 4.000 kilomètres de là et causant un tsunami qui occasionna un raz-de-marée avec des vagues de plus de 40 mètres de haut. 165 villages côtiers furent anéantis et 36.000 personnes périrent.5
Les volcans ne sont pas seulement connus de façon notoire pour le nombre de victimes dues à leurs éruptions, mais aussi pour le caractère imprévisible des conséquences de certaines d'entre elles. L'éruption du Nevado Del Ruiz (Colombie, 1985) en est un exemple; après une interruption d'activité de plus de 150 années, ce volcan connut une éruption mineure, environ trente fois moins puissante que celle du Mont Saint Helens (nord-ouest des Etats-Unis, 1980), mais la fonte des glaces et des neiges qui s'ensuivit engendra une coulée de boue destructrice qui se déversa le long de ses pentes jusque dans la vallée, causant la mort de plus de 20.000 personnes dans la petite ville d‘Armero à 50 km de là, qui périrent ensevelis dans cette boue brûlante lors de leur sommeil. Cet événement fut le pire accident volcanique depuis le désastre de la Montagne Pelée qui anéantit Saint-Pierre de La Martinique en 1902 sous une nuée de projections pyroclastiques, supprimant 30.000 vies.6
Dieu démontre à quel point la fin de l'homme peut être inattendue suite à de tels désastres, et Il exhorte ainsi celui-ci à réfléchir au sens de son existence sur terre. Ces tragédies sont autant "d'avertissements".
Ce qui est attendu en retour de la part de l'homme, c'est une prise de conscience sur sa courte vie ici-bas, afin qu'il ne s'y englue pas en cédant à mille sollicitations ici et là, négligeant sa vie future, c'est-à-dire la vie éternelle dans l'Au-delà. Gardons présent à l'esprit que le tour de chacun d'entre nous viendra, avant le grand Jour du rendu des comptes en présence de Dieu:

Un jour où la terre sera remplacée par une autre, de même que les cieux. Et où (les hommes) comparaîtront devant Allah, l'Unique, le Dominateur Suprême. (Surat Ibrahim: 48)


Les tsunamis

Ces ondes sous-marines ont pour origine des éruptions de volcans sous-marins qui engendrent soit un soulèvement, soit un affaissement des fonds océaniques, et ces ondes se propagent très loin, entraînant de véritables raz-de-marée dévastateurs lorsqu‘elles atteignent les côtes.


Les inondations

Ces désastres sont de réels "signaux avertisseurs" à l'adresse de l'humanité. Dieu détient un pouvoir sans limites, et toute chose est sous Son contrôle, comme en témoigne ce verset: "C'est Lui qui est capable d'envoyer sur vous des tourments d'au-dessus de vous ou d'en-dessous de vos pieds…" (Surat al-An'am: 65)

Le fait qu'il existe tant de menaces physiques sérieuses de par le monde souligne sans doute possible une réalité importante: par le biais de calamités naturelles, Dieu peut reprendre en quelques instants tout ce qu'Il a accordé à l'être humain; les catastrophes peuvent frapper en tout lieu et n'importe quand. Ceci démontre clairement qu'il n'existe aucune place sûre pour l'homme sur cette terre. C'est ce qu'affirme Dieu dans les versets suivants:

Les habitants des cités sont-ils sûrs que Notre châtiment rigoureux ne les atteindra pas la nuit, pendant qu'ils sont endormis? Les habitants des cités sont-ils sûrs que Notre châtiment rigoureux ne les atteindra pas le jour, pendant qu'ils s'amusent? Sont-ils à l'abri du stratagème d'Allah? Seuls les gens perdus se sentent à l'abri du stratagème d'Allah. (Surat al-A'raf: 97-99)

Ainsi, l'eau accordée à l'être humain comme un bienfait peut s'avérer mortelle de par la volonté d'Allah. Il est incompréhensible que certains gens soient témoins d'une ou deux inondations chaque année tout en restant persuadés d'être quasiment à l'abri de cette épreuve.


Une leçon de l'histoire: l'affaire du Titanic

L'histoire nous fournit de nombreux exemples de gens qui s'en sont remis aveuglément aux prouesses technologiques, en oubliant totalement Dieu. Et c'est précisément pour cette raison que se sont produits beaucoup de désastres au cours de l'histoire, qui sont autant de leçons douloureuses pour tout un chacun. Il y a vraiment là matière à réflexion, en ce sens qu'elles rappellent à l'homme que ni les richesses de ce monde, ni ce qu'il détient comme science et comme savoir-faire technologique, ne peuvent contrecarrer la volonté de Dieu.
Parmi tous ces accidents de l'histoire, le plus connu est certainement celui du Titanic, un énorme transatlantique long de 275 mètres et haut de 55 mètres, qui a coulé corps et biens il y a quatre-vingt dix ans. Ce navire, présenté fièrement comme étant un "défi lancé à la nature", était l'aboutissement d'un grand projet qui avait mobilisé toute une équipe d'ingénieurs et 5.000 ouvriers. Pratiquement tout le monde était convaincu que ce bateau était insubmersible. Sa construction avait fait appel au meilleur de la technologie de cette époque-là, avec même plusieurs innovations. Cependant, ceux qui avaient placé toute leur confiance dans les prouesses de la technique n'avaient pas du tout pris en considération un fait important énoncé dans le verset suivant, "… le commandement d'Allah est un décret inéluctable" (Surat al-Ahzab: 38), à savoir que chacun rencontrera un jour ou l'autre son destin. Finalement, une erreur mineure fut fatale au Titanic, qui sombra sans que la technologie avancée ait pu le sauver.
Les témoignages recueillis auprès de survivants de cette catastrophe ont montré que les passagers s'étaient rassemblés sur le pont du navire pour prier lorsque la terrible évidence du naufrage s'était révélée inévitable. Dans plusieurs sections du Coran, cette tendance du comportement humain est évoquée: en situation de danger réel, l'homme invoque avec ferveur son Seigneur à la recherche de Son aide; mais une fois que la menace s'éloigne, l'ingratitude reprend le dessus:

Votre Seigneur est Celui qui fait voguer pour vous le vaisseau en mer, afin que vous alliez à la recherche de quelque grâce de Sa part. Certes Il est Très Miséricordieux envers vous.
Et quand le mal vous touche en mer, ceux que vous invoquiez en dehors de Lui se perdent. Puis quand Il vous sauve et vous ramène à terre, vous vous détournez. L'homme reste très ingrat!
Etes-vous à l'abri de ce qu'Il vous fasse engloutir par un pan de terre, ou qu'Il envoie contre vous un ouragan charriant des pierres, si bien qu'alors vous ne trouverez aucun protecteur?
Ou bien croyez-vous qu'Il ne puisse pas vous ramener (en mer) une seconde fois, pour déchaîner contre vous un de ces vents destructeurs, avant qu'Il cause votre noyade, et ce à cause de votre mécréance? Et alors vous ne trouverez personne pour vous défendre contre Nous! (Surat al-Isra: 66-69)

Même si on n'a jamais été éprouvé par un tel désastre, il faut néanmoins se rappeler qu'à tout moment notre vie peut se retrouver comme suspendue à un fil. Egalement, l'homme doit se préoccuper d'entretenir le souvenir de Dieu, puisque "… la force tout entière appartient à Allah…" (Surat al-Baqarah: 165).

Et par ailleurs, lorsqu'on se retrouve en grand danger, les choses peuvent aller si vite qu'on n'aura même pas le temps de se repentir de son passé rebelle, la mort venant brusquement stopper net toute velléité de retour à la bonne voie:

N'ont-ils pas médité sur le royaume des cieux et de la terre, et sur toute chose qu'Allah a créée, et que leur terme est peut-être déjà proche? En quelle parole croiront-ils après cela? (Surat al-A'raf: 185)


Par la miséricorde de Dieu

Nous saisîmes donc chacun pour son péché: il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan de pierres; il y en eut que le cri affreux saisit; il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre; et il y en eut que Nous noyâmes. Cependant, Allah n'est pas tel à leur faire du tort; mais ils se sont fait du tort à eux-mêmes. (Surat al-Ankabut: 40)

La discussion entreprise jusqu'à présent a pour objectif de rappeler un fait important à ceux qui sont insouciants du pourquoi de leur création: toute chose sur terre doit son existence à Dieu, le Créateur qui a fait exister l'Univers entier. En d'autres termes, toute vie est sujette à la volonté de Dieu, et rien ne saurait posséder une existence indépendante de Lui. Le Coran nous dit que rien n'échappe au contrôle de Dieu: "… Et Allah est souverain en Son commandement, mais la plupart des gens ne savent pas." (Surat Yusuf: 21)
Cependant, comme l'indique la seconde partie du verset, la majorité des gens ne sont pas conscients; ils imaginent qu'au cours de leur vie aucune épreuve ne les affectera, oubliant qu'en réalité eux aussi sont vulnérables face à n'importe quel désastre dévastateur. Trop souvent nous avons l'impression que tout ceci n'arrive qu'aux autres tandis que nous serions à l'abri. De tristes nouvelles nous parviennent quotidiennement sur telle ou telle catastrophe ou épidémie, et à chaque fois nous ressentons de la compassion pour ceux qui ont été cruellement touchés; nous partageons sincèrement leur chagrin. Pourtant, chaque événement devient peu à peu lointain au sein de notre mémoire, et notre sympathie s'estompe vite, surtout lorsque nous avons d'autres soucis quotidiens auxquels nous devons faire face. Les meilleurs sentiments finissent donc par s'émousser, laissant la place à de l'indifférence pour les anciennes victimes.
La plupart des gens sont donc dans l'erreur, en supposant que tous les jours de leur vie seront identiques. Très certainement, ceux qui ont déjà été soumis à l'énorme épreuve que représente un cataclysme naturel n'imaginaient pas qu'un jour ils seraient ainsi plongés en plein désarroi; probablement, le jour du désastre avait dû commencer pour eux tout à fait paisiblement, dans la monotonie du quotidien, et tout semblait devoir se répéter comme les jours précédents. Il leur semblait inconcevable de voir leur vie réduite à la plus simple expression, avec l'obligation de lutter pour survivre. Voilà comment Dieu rappelle à l'homme que le sentiment de sécurité en ce monde n'est qu'une illusion.
Vivant en se laissant bercer par cette chimère, la majorité des humains oublient le caractère temporaire de cette vie, sans parler du Jour du jugement, absent de leur esprit. Ils s'épuisent à courir en quête de vains objectifs, au lieu de rechercher la satisfaction de Dieu.
Vus dans une perspective de rappel qui nous est adressé, les catastrophes apparaissent comme une miséricorde de Dieu, nous exhortant à nous préparer à la vie future. C'est pourquoi un malheur peut en fait constituer une opportunité pour en éviter un de pire, ouvrant la porte au repentir et à une réforme du comportement. Le verset suivant nous précise à ce propos que des enseignements sont à tirer des épreuves:

Ne voient-ils pas que chaque année on les éprouve une ou deux fois? Malgré cela, ils ne se repentent pas et ne se souviennent pas. (Surat at-Tawbah: 126)